Clic de l’APLV du 6 janvier 2026 Traitement des deux composantes de la « langue régionale » (allemand et alsacien) en termes de convergence/divergence à l’école maternelle publique en Alsace (résumé)

samedi 20 décembre 2025

Clic de l’APLV du 6 janvier 2026

Traitement des deux composantes de la « langue régionale » (allemand et alsacien) en termes de convergence/divergence à l’école maternelle publique en Alsace

Résumé

Dans l’académie de Strasbourg, l’enseignement de « langue régionale » coexiste, depuis le début des années 1990, avec un enseignement en « langue régionale ». La mise en place de l’enseignement dit « bilingue » en Alsace a été accompagnée par une formalisation de la modalité « une enseignante/une langue », toujours majoritaire dans les écoles primaires de l’académie plus de 30 ans plus tard (Huck & Erhart, 2024, p. 12).

Or, ce choix engendre dans la plupart des cas un cloisonnement des langues d’enseignement (Hélot & Fialais, 2014) et rend plus difficile le travail de contrastivité linguistique, qui pourtant pourrait, voire devrait faire partie intégrante de l’enseignement dispensé (García, 2009, p. 294).

Cela semble d’autant plus pertinent dans l’académie de Strasbourg, où la définition institutionnelle de la « langue régionale » englobe deux systèmes linguistiques, en l’occurrence l’allemand standard et les parlers dialectaux alémaniques et franciques, communément appelés « alsacien ». Si les deux codes convergent à de nombreux égards, ils présentent également des divergences (Huck et al., 1999).

À la rentrée de septembre 2023, un nouveau modèle expérimental d’enseignement-apprentissage en « langue régionale » a été créé à l’école maternelle publique dans l’académie de Strasbourg. Ce dispositif, baptisé « Tomi Ungerer », se distingue des modèles d’enseignement antérieurs. D’une part, un enseignement en alsacien est prévu, dans un contexte où, jusqu’alors, l’enseignement-apprentissage en « langue régionale » concernait exclusivement l’allemand standard. D’autre part, les classes fonctionnent selon le modèle « une enseignante/trois langues » (allemand standard, alsacien, français).

À partir de transcriptions de formations et de notes de terrain prises au cours d’observations participantes (année scolaire 2024-2025) dans quatre classes « Tomi Ungerer », nous tenterons de fournir des éléments de réponse aux interrogations suivantes : comment les enseignantes se représentent-elles les deux composantes de la « langue régionale » en termes de convergence et de divergence ? Des transversalités explicites sont-elles créées entre l’alsacien et l’allemand standard dans les pratiques de classe ? Si oui, à quels niveaux (lexical, (morpho)syntaxique, phonétique, etc.) ?

Bibliographie sélective

García, O. (2009). Bilingual education in the 21st Century. A Global Perspective. Wiley-Blackwell.

Hélot, C., & Fialais, V. (2014). Early bilingual education in Alsace  : The one language/one teacher policy in question. Dans K. Horner, I. Saint-Georges de, & J.-J. Weber (dir.), Multilingualism and Mobility in Europe. Policies and Practices. (Vol. 21, p. 83‑102). Peter Lang Verlag.

Huck, D., & Erhart, P. (2024). German. The German language in education in France (Alsace) (3e édition). Mercator European Research Centre on Multilingualism and Language Learning. URL : https://www.mercator-research.eu/fileadmin/mercator/documents/regional_dossiers/german_in_alsace_france_3rd_2024.pdf (consulté le 02/12/2025)

Huck, D., Laugel, A., & Laugner, M. (1999). L’élève dialectophone en Alsace et ses langues. L’enseignement de l’allemand aux enfants dialectophones à l’école primaire : de la description contrastive dialectes-allemand à une approche méthodologique. Manuel à l’usage des maîtres. Oberlin.

Notice biographique

Lucile Hamm est doctorante contractuelle en didactique des langues, en sociolinguistique et en dialectologie alsacienne et mosellane à l’Université de Strasbourg et est rattachée à l’UR 1339 Linguistique, Langues, Parole (LiLPa). Actuellement en troisième année de doctorat, elle examine et interroge la place réservée à l’alsacien et à sa didactique dans l’espace scolaire, ainsi que le discours institutionnel produit autour de la question de l’enseignement-apprentissage de la « langue régionale » (allemand/alsacien) en Alsace. Son projet de thèse de doctorat, dirigé par Julia Putsche (Université de Strasbourg, UR 1339 LiLPa) et co-encadré par Pascale Erhart (Université de Strasbourg, UR 1339 LiLPa), s’intitule « L’alsacien à l’école ? Questions didactiques et de politiques linguistiques ». Lucile Hamm assure également une mission d’enseignement au département de dialectologie alsacienne et mosellane et au département d’études allemandes de la Faculté des langues de l’Université de Strasbourg.


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