A Malte, une langue inscrite dans l’histoire - Un article du Monde diplomatique d’octobre 2007

mardi 2 octobre 2007
 Christian PUREN

"La présence phénicienne est attestée sur l’archipel maltais vers 800 avant notre ère. C’est d’ailleurs dans ces îles méditerranéennes que fut découverte l’inscription bilingue en grec et en phénicien qui permit de déchiffrer le phénicien. Il est donc probable que cette langue y fut parlée au moins jusqu’à l’arrivée des Grecs, deux cents ans plus tard. Ceux-ci furent supplantés par Carthage du Ve siècle av. J.-C. à 218 av. J.-C., avant que Rome n’assure sa domination (de 218 av. J.-C. à 870).

Malgré une présence d’un millénaire, les historiens doutent que Malte ait été entièrement romanisée. L’argument le plus souvent avancé repose sur le récit par saint Luc du naufrage de saint Paul à Malte aux alentours de l’an 60 (Actes des apôtres, chapitre XXVIII, I) : les habitants de l’île y sont qualifiés de « barbares », terme alors réservé aux peuples qui ne parlaient pas le latin. Parlent-ils grec, punique, voire encore phénicien, et peut-être aussi, pour certains du moins, latin, lorsque, en 870, les troupes musulmanes venues de Sicile débarquent dans l’archipel ? La seule certitude est que, en 1090, lorsque Roger de Hauteville, comte de Sicile, reconquiert Malte pour la chrétienté, les Maltais parlent une variété d’arabe.

Aujourd’hui encore, c’est une forme très évoluée d’arabe maghrébin, devenu le maltais, qui est la langue maternelle des quatre cent mille habitants de l’archipel. Les changements politiques et religieux qui suivirent la reconquête chrétienne n’y ont rien changé.

Deux faits curieux intriguent les spécialistes." (...)

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Le Monde diplomatique