Rapport en ligne : "Proposition d’un cadre commun de référence pour les langues pour le Canada", mai 2006

lundi 14 avril 2008
 Christian PUREN

Le site "Patrimoine canadien" a publié en ligne en mai 2006 un long rapport sur la question de l’adoption/adaptation d’un cadre commun de référence pour les langues au Canada.

On pourra s’intéresser en particulier, parmi les nombreux chapitres proposés, aux chapitres 9 ("Points forts du CECR dans le contexte canadien") et 10 ("Points faibles du CECR dans le contexte canadien"). Quelques passages de ce dernier chapitre :

10. Points faibles du CECR dans le contexte Canadien
Même si le CECR présente de nombreuses caractéristiques attrayantes, il faut néanmoins tenir compte de ses faiblesses.
Le CECR n’est pas suffisamment discriminant au niveau Élémentaire pour assurer le suivi des progrès réalisés par des débutants. Les apprenants pourraient se décourager et abandonner leur apprentissage s’ils ne voient pas de preuves tangibles des progrès réalisés sur l’échelle de compétence. Toutefois, l’approche arborescente proposée par le CECR offre aux provinces et aux territoires toute la souplesse voulue pour établir des sous-niveaux et ainsi suivre les progrès réalisés tout en continuant de se référer au modèle commun7. Cette souplesse permettrait aux provinces et aux territoires d’établir des sousniveaux pertinents à leurs divers programmes linguistiques.
Même si le CECR est largement accepté en tant que cadre commun adopté par des spécialistes des langues aux horizons linguistiques et culturels variés (North, 2006), il ne fait pas l’unanimité en Europe. Même si les critiques formulées à son égard ne concernent pas les critères établis pour évaluer la validité des cadres, il y a lieu de les mentionner. Fulcher (2004a) laisse entendre qu’étant donné le rôle crucial des cotations fournies par les enseignants, ce qui est rapporté sur une échelle n’est pas la compétence de l’apprenant, mais bien la perception des enseignants de cette compétence. En guise de réponse, North (1996) fait valoir que les descripteurs ont été validés pour différentes langues avec des résultats remarquablement similaires. Fulcher (2004b) souligne également le danger inhérent au fait d’institutionnaliser un cadre commun. Après avoir travaillé avec un cadre depuis un certain temps, les enseignants pourraient finir par croire, à tort, que les niveaux représentent une hiérarchie de l’acquisition ; autrement dit, que les descripteurs et les niveaux correspondent à l’ordre dans lequel une langue est apprise. Mentionnons, toutefois, que cette critique pourrait probablement s’appliquer à tout cadre qui devient institutionnalisé. (...)
La Finlande a mis au point et validé empiriquement une échelle, destinée aux écoles, qui subdivise davantage les niveaux inférieurs de l’échelle du CECR (Hildén et Takala, 2005).


Références complètes des auteurs cités :
Fulcher, G. (2004, March 18). Are Europe’s tests being built on an ‘unsafe’ framework ? The Guardian Weekly.http://education.guardian.co.uk/tefl/story/0,5500,1170569,00.html (page consultée le 24 janvier 2006)
Hildén, R., & Takala, S. (sous presse). Relating descriptors of the Finish School Scale to the CEF overall scales for communicative activities. In A.
North, B. (1996). Language proficiency descriptors. Paper presented at the Language Testing Research Council, Tampere, Finland. http://sprachenkonzept.franz.unibas.ch/Annexe_3.html (adresse modifiée et page consultée par la Rédaction du site aplv-languesmodernes.org le 18 avril 2008).
North, B. (2004, April 15). Europe’s framework promotes language discussion, not directives. The Guardian Weekly.
http://education.guardian.co.uk/tefl/story/0,5500,1191130,00.html
(page consultée le 26 octobre 2005)


On lira aussi avec intérêt l’Annexe A consacrée aux "Questions théoriques et définitions" :
- Le niveau de référence visé : peut-il être défini ?
- Définir la compétence langagière
- Modèles de compétence langagière
- Clarifier le sens du terme « fonctionnel »
- Compétence langagière fonctionnelle : un objectif vague

La conclusion de l’étude est néanmoins très positive quant à l’intérêt de l’adoption/adaptation du CECR au Canada :

11. Recommandation
En somme, étant donné que le CECR comporte des avantages considérables et qu’il est capable de répondre à la diversité des besoins et des cultures pédagogiques des provinces et des territoires, il s’avère très prometteur en tant que cadre cohérent et transparent pour les langues au Canada.

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