« Le nombre de jeunes qui apprennent des langues étrangères est plus élevé qu’autrefois et ils commencent bien plus tôt que leurs parents » : une déclaration de Leonard Orban, commissaire européen au multilinguisme

jeudi 15 novembre 2007
 Laure PESKINE

« Le nombre de jeunes qui apprennent des langues étrangères est plus élevé qu’autrefois et ils commencent bien plus tôt que leurs parents », a déclaré Leonard Orban, commissaire au multilinguisme, avant d’ajouter qu’« après trois ans d’efforts, les politiques nationales dans le domaine des langues sont plus homogènes : il existe une convergence de vues sur des questions fondamentales telles que l’importance des langues, qui représentent une compétence essentielle dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, ou la nécessité d’enseigner deux langues étrangères aux étudiants pendant leur formation initiale. Certains domaines nécessitent des mesures supplémentaires : étendre l’enseignement des langues à tous les parcours éducatifs, élargir l’éventail des langues enseignées et promouvoir les écoles favorables aux langues. »

En 2002, le Conseil européen de Barcelone demandait de poursuivre l’action entreprise « pour améliorer la maîtrise des compétences de base, notamment par l’enseignement d’au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge ». La première initiative de la Commission lancée à la suite de cet appel est le plan d’action 2004-2006 « Promouvoir l’apprentissage des langues et la diversité linguistique », qui définit trois domaines d’intervention stratégiques : la promotion de l’apprentissage des langues tout au long de la vie, l’amélioration de l’enseignement des langues et la création d’un environnement favorable aux langues. Le rapport adopté porte aussi bien sur les activités de la Commission que sur celles des États membres. Il reste un grand défi à relever : améliorer les compétences linguistiques des personnes – généralement des adultes – qui ne suivent plus un programme de formation initiale. Parallèlement, le nombre de professeurs de langues est insuffisant, de même que leur mobilité.

Le rapport foisonne d’exemples de bonnes pratiques. Il cite un certain nombre de pays – par exemple l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la France, la Lituanie, la République tchèque, la Roumanie et la Slovénie – qui ont introduit le bilinguisme dans leur système éducatif, notamment par l’enseignement d’une matière dans une langue étrangère. Par ailleurs, l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, la France, la Grèce, l’Italie, la Norvège, la Slovénie, la Slovaquie et la Suède favorisent l’apprentissage des langues parlées dans les pays voisins, parfois par l’organisation de classes bilingues. Pour encourager l’apprentissage des langues à l’âge adulte, certains pays, comme la Belgique et la République tchèque, ont instauré un système de « chèques langues » cofinancés par l’État, les employeurs et les utilisateurs. En Estonie, en Pologne et dans d’autres pays d’Europe orientale, un cours de recyclage a été proposé à des professeurs de russe pour leur permettre d’enseigner l’anglais. En Roumanie, un enseignement de troisième cycle à distance en anglais et en français a été mis sur pied au profit des enseignants habitant dans des régions rurales.

Le rapport peut être consulté à l’adresse suivante :

http://ec.europa.eu/dgs/education_culture/publ/pdf/lingua/br2007_fr.pdf