« La voix - Ses troubles chez les enseignants », une étude de l’INSERM

jeudi 1er novembre 2007
 Laure PESKINE

La voix est essentielle à l’exercice de la profession d’enseignant. Cette voix, que l’on pourrait qualifier « d’outil professionnel », est souvent mise à rude épreuve. Les enseignants s’expriment effectivement plusieurs heures par jour dans un environnement bruyant, souvent mal insonorisé.

Qu’en est-il de la voix dans la classe ? La voix est inséparable de la parole. La position de l’enseignant vis-à-vis des élèves a profondément changé, il paraît de plus en plus difficile d’imposer un cours de type « magistral » à tous les niveaux d’enseignement. La nécessité d’introduire une part importante d’interactions dans la communication parlée en classe est maintenant couramment admise.

L’hétérogénéité des groupes d’élèves peut parfois engendrer un malaise chez les enseignants souvent à la recherche de leur « public ». De ce fait, il convient de prendre en compte non seulement le rôle des facteurs sociolinguistiques
souvent mis en avant mais surtout les facteurs socioculturels dans les nouvelles relations entre apprenants et enseignants.
Dans ce contexte, l’apparition d’un trouble de la voix chez l’enseignant peut avoir un impact bien plus important que ne laisse présager la simple perturbation acoustique. Il retentit sur la vie professionnelle et sociale de la personne, sur le mental, le physique, l’émotionnel et la communication.
Plusieurs études mettent en évidence que les problèmes vocaux surviennent plus
fréquemment chez les enseignants que dans la population générale.

La MGEN a sollicité l’Inserm pour réaliser, selon la procédure d’expertise collective, une analyse critique et une synthèse de l’ensemble des données scientifiques internationales disponibles sur la voix et ses différents troubles rencontrés par les professionnels qui en font fréquemment usage comme les enseignants, sur les facteurs en cause et les traitements qui peuvent être proposés.

Afin de répondre à cette demande, l’Inserm a réuni un groupe pluridisciplinaire d’experts dans les domaines de l’oto-rhino-laryngologie, la phoniatrie, la physique des ondes et signaux, l’orthophonie et la communication parlée. L’objectif est de présenter l’état de la recherche dans ces domaines et proposer des pistes d’études pouvant contribuer à une meilleure prévention et prise en charge des troubles de la voix chez les enseignants.

Des études épidémiologiques sur les troubles de la voix chez les enseignants ont été réalisées dans des pays européens (Finlande, Angleterre), aux États-Unis et en Australie.
Plusieurs de ces études mettent en évidence que les problèmes vocaux surviennent plus fréquemment chez les enseignants que dans la population générale, et ceci de manière très significative. Ainsi, aux États-Unis, la prévalence est d’environ 12 % chez les enseignants et 6 % chez les non-enseignants. Une étude finlandaise récente montre que la prévalence des symptômes vocaux chez les enseignants a significativement augmenté en 12 ans (1988-2000).

Pour les individus qui demeurent dans la profession, la prévalence des problèmes vocaux croît avec l’âge, pour atteindre un maximum dans le groupe d’âge 50-59 ans. Certains types d’enseignement comportent un risque plus élevé (musique, sport, classes maternelles, primaires). Les troubles de la voix représentent une cause importante d’absentéisme.

L’enquête expose aussi la prise en charge et la prévention.

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