« Langues régionales : un peu d’air », point de vue de Jean-Michel Djian

samedi 31 mai 2008
 Laure PESKINE

Réaction au vote à l’Assemblée Nationale de l’intégration des langues régionales à l’article 1 de la Constitution [1] .
Publié dans ouest-France le 30 mai 2008.

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Ce nouvel épisode dans le combat que mènent les Régions pour permettre aux quelque 75 langues de France « reconnues » d’exister montre la difficulté d’admettre le plurilinguisme sur le territoire national. La majorité des démocraties en admettent désormais le principe et la réalité ; notre pays affiche sa fierté d’être à l’initiative de la solennelle déclaration de l’Unesco sur la diversité culturelle.

Cela n’empêche pas la France de s’enferrer. Certes, sa langue nationale est en mauvaise posture sur les plans économique et diplomatique, mais ce que l’on sait moins, c’est que le français n’a jamais été si créatif. Selon des éminents linguistes, comme Alain Rey ou Pierre Encrevé, il se crée, dans la francophonie, c’est-à-dire dans un bassin de 250 millions de locuteurs dans le monde, entre 20 000 et 30 000 mots nouveaux chaque année !

C’est le paradoxe. Pris en sandwich entre, d’un côté, une anglophonie triomphante qui s’installe, en Europe, comme langue de communication et, d’un autre côté, des pratiques linguistiques qui réveillent les territoires et les identités, le français « de France » ignore que l’histoire de son propre peuple et l’accélération de l’immigration triomphent de son académisme. En Afrique, le français se métisse avec des langues nationales comme le wolof au Sénégal ou le bambara au Mali. Au Québec, il cohabite, dans les faits, avec l’anglais, ce qui fait des Canadiens-français de vrais plurilingues.
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Lire l’article en entier sur le site de Ouest-France.

Jean-Michel Djian est enseignant associé à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8 et journaliste au Monde Diplomatique.