"Union européenne : alerte sur les langues", un article de Thomas Ferenczi dans Le Monde du 9 juin 2008

vendredi 13 juin 2008
 Laure PESKINE

Le nombre des langues officielles de l’Union européenne a été pratiquement multiplié par six en un demi-siècle. Aux quatre langues de départ (allemand, français, italien, néerlandais) se sont ajoutées celles des nouveaux Etats membres, portant à vingt-trois, en 2008, le nombre des idiomes officiellement reconnus. Les documents publiés par les institutions européennes doivent être traduits dans ces vingt-trois langues.

La promotion du français, "priorité" de la diplomatie

Nicolas Sarkozy a affirmé, jeudi 20 mars, à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie, que la promotion de la langue française "est et restera" une priorité de la diplomatie française. "Je veillerai au statut du français dans l’Union", a-t-il dit. "Sous la présidence française, écrit Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, sur son blog (www.jpjouyet.eu), nous rappellerons clairement que le français doit être utilisé comme langue officielle et comme langue de travail de l’Union européenne. Nous serons attentifs à ce que chaque institution y veille scrupuleusement et rigoureusement." En mars 2006, à Bruxelles, Jacques Chirac avait quitté la salle du Conseil, refusant d’entendre le Français Ernest-Antoine Seillière, président du patronat européen, s’exprimer en anglais.

Toutefois, pour des raisons pratiques, seules trois langues de travail sont utilisées par les fonctionnaires de la Commission et du Conseil : l’anglais, qui est devenu la langue la plus répandue, le français et l’allemand. A la Commission, en 2007, 73,5 % des documents soumis aux services de traduction étaient écrits en anglais tandis que 12,3 % l’étaient en français et 2,4 % en allemand. Au Conseil, les proportions sont les mêmes. La part de l’anglais n’a cessé de s’accroître, alors que celle du français diminue.

Lire la suite sur Le Monde.fr