Résultats de la consultation publique sur le multilinguisme (novembre 2007)

Consultation lancée par la Commission européenne
mercredi 25 juin 2008
 Christian PUREN

La Commission européenne avait lancé fin 2007 une "consultation publique sur le multilinguisme" dont l’APLV avait en son temps fait l’annonce. Une synthèse des résultats est disponible sur le site de la Commission.

Cette consultation a reçu 2419 réponses dans toutes les langues officielles de l’UE, ce dont se félicitent les auteurs, qui écrivent qu’elles "représentent un taux de participation exceptionnel pour une consultation publique sur les politiques européennes, vu que l’on reçoit en moyenne de 200 à 500 réponses pour de telles consultations"...

Une synthèse des contenus des réponses ("En bref, qu’est-ce que les répondants à la consultation pensent des langues ?") est présentée ainsi en toute fin du document :

• Plus de 96 % des répondants reconnaissent que la diversité linguistique de l’UE requiert une attention particulière de la part des politiciens européens et que les compétences linguistiques sont importantes pour leur vie quotidienne comme pour leur vie professionnelle.
• Selon les répondants, les facteurs les plus importants pour un apprentissage réussi des langues sont un apprentissage précoce et l’expérience directe du pays de la langue cible.
• La plupart des gens pensent que la diversité linguistique de l’UE est une ressource à protéger et souhaitent qu’elle soit placée dans un contexte allant au-delà des aspects économiques et fonctionnels, qui reconnaisse les identités et les cultures représentées dans les langues.
• Les partisans de la cause des langues régionales et minoritaires pensent que l’on pourrait faire davantage pour le respect de ces langues, notamment dans les services éducatifs et publics, et voudraient que l’UE adopte un rôle plus protecteur à cet égard.
• La plupart des répondants voudraient que les médias s’emploient à promouvoir un modèle de société interculturelle, attachée à l’identité linguistique et culturelle, et axée sur la tolérance et non sur la confrontation.
• La grande majorité des répondants partagent l’avis qu’il est plus facile de faire des affaires à l’étranger lorsqu’on connaît la langue locale et que les entreprises ont dès lors intérêt à investir dans le développement des compétences linguistiques de leur personnel.
• La plupart des répondants partagent l’avis que les migrants devraient préserver leur langue d’origine et traiter leur identité linguistique et culturelle comme une base nécessaire à l’intégration dans une communauté linguistique et culturelle différente de la leur.
• La plupart des personnes estiment que les coûts représentés par le fait de travailler dans 23 langues officielles sont justifiés ou devraient même être augmentés.

Le problème est que ceux qui ont pris la peine de répondre sont a priori des partisans du plurilinguisme. Il aurait été plus intéressant, pour la défense du plurilinguisme, de connaître pour les combattre les arguments des opposants, que de retrouver ainsi ceux, bien connus et et malheureusement bien inefficaces sur le terrain - de ses promoteurs.

Christian Puren