Le débat actuel en Espagne : la défense de la langue nationale au nom de la protection des minorités linguistiques !

mercredi 25 juin 2008
 Christian PUREN

On trouvera sur le site du journal El mundo la présentation du manifeste intitulé "Los ciudadanos son quienes tienen derechos lingüísticos y no los territorios" ("Ce sont les citoyens qui ont des droits linguistiques, et non pas les territoires").

L’argument principal qui y est développé est le suivant : "La base sobre la que partimos es que no puede discriminarse políticamente al castellano, lo que, según consideramos los firmantes, acaba afectando a los más desfavorecidos, dañando sus posibilidades laborales y sociales y recortando sus alternativas" ("Notre point de départ en tant que signataires est que l’on ne peut discriminer politiquement l’espagnol parce que cela, en définitive, touche les plus défavorisés, réduisant leurs possibilités sur le marché du travail et dans la société, et limitant leurs choix" - ma traduction).

Cette information a été relayée par le journal Le Monde, qui annonce dans un article sur son site qu’"un groupe d’intellectuels et écrivains, dont le philosophe Fernando Savater et l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, a pris la défense de la langue castillane à travers un manifeste jugeant qu’elle est menacée par les langues régionales", parce qu’ils estiment que "le développement des langues régionales ne pouvait conduire qu’à une discrimination à l’égard de ceux qui ne parlent que le castillan".

"Vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà"... : ce débat actuel en Espagne nous montre, au moment où l’Académie française vient de critiquer et le Sénat français de désavouer le Parlement en ce qui concerne la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution française [1], le décalage impressionnant de la situation linguistique dans les deux pays frontaliers.

Christian Puren


[1Voir sur le site de l’APLV le communiqué de l’association "Culture et bilinguisme" en réaction à l’intervention de l’Académie Française contre les langues régionales, et le communiqué de la FELCO en réaction au refus, par le Sénat, d’inscription des langues régionales dans la Constitution.