Réforme du recrutement et de la formation des enseignants des premier et second degrés, présentée en Conseil des ministres par Xavier Darcos et Valérie Pécresse

jeudi 3 juillet 2008
 Laure PESKINE

Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont présenté en Conseil des ministres une communication relative à la réforme du recrutement et de la formation des enseignants des premier et second degrés.

Les enseignants devront justifier de l’obtention d’un diplôme de master pour pouvoir être recrutés à titre définitif à l’issue des nouveaux concours de recrutement. Tout étudiant inscrit en deuxième année de master ou ayant déjà validé celui-ci pourra donc se présenter aux nouveaux concours de recrutement.

Le principe de concours nationaux est réaffirmé pour le recrutement des enseignants. La distinction entre le Capes et l’agrégation est maintenue. Les nouveaux concours comprendront trois types d’épreuves destinées à évaluer la culture disciplinaire, la capacité à planifier et organiser un enseignement et la connaissance du système éducatif.

Pour préparer les étudiants à leur futur métier, les universités proposeront des parcours de master qui devront comporter une prise de contact progressive et cohérente avec les métiers de l’enseignement. Elle pourra commencer au cours des études de licence et comprendre des stages d’observation et de pratique accompagnée en école, en collège et en lycée.

Dès leur première année d’exercice, les lauréats des nouveaux concours seront mis en situation d’enseignement à temps plein avec l’aide et le soutien de professeurs expérimentés. Des actions de formation spécifiques leur seront offertes en dehors du temps scolaire. A l’issue de cette année, le professeur fonctionnaire stagiaire pourra être titularisé après avoir été inspecté.

Cette réforme, qui entrera en vigueur pour une première session de concours en 2010, s’accompagnera d’une revalorisation des débuts de carrière des enseignants.
Le communiqué sur le site du Premier Ministre.

Philippe Meirieu analyse ce communiqué sur le Café Pédagogique du 3 juillet

« Le communiqué du Conseil des ministres qui présente la réforme de la formation des enseignants ne peut que susciter l’admiration. Par une série de tours de passe-passe, il réussit à faire oublier le caractère profondément régressif et dangereux de cette réforme… »Lire la suite sur le site du Café Pédagogique.

Une Saint-Barthélemy des pédagogues

Extrait du point de vue exprimé par :
Jean-Louis Auduc, directeur des études-premier degré à l’IUFM de Créteil ;
Rémi Brissiaud, maître de conférences à l’IUFM de Versailles ;
Sylvain Grandserre, professeur des écoles ;
Philippe Meirieu, professeur à l’université Lumière-Lyon-II ;
André Ouzoulias, professeur à l’IUFM de Versailles.

Paru dans le Journal LE MONDE du 04.07.08.

[...]
« Par ailleurs, on sait bien que les étudiants issus des milieux populaires se feront encore plus rares au niveau du mastère : les postes mis au concours seront davantage préemptés par les enfants des classes supérieures. Et si le vivier des mastères n’est pas suffisant, on utilisera l’expédient traditionnel : le recours à des contractuels et vacataires... Quant aux professeurs de lycées professionnels, ils sont, une fois de plus, les grands oubliés : quel mastère pour les professeurs de cuisine ou de génie mécanique ? Peut-être maintiendra-t-on quelques IUFM comme structures croupions pour gérer les laissés-pour-compte !

En réalité, le recrutement par concours cinq années après le baccalauréat interdit la mise en place d’une véritable formation en alternance. Au moment où cette dernière est plébiscitée dans de nombreux domaines, l’éducation nationale, toujours à la pointe du progrès, la supprime. Quelques modules de préprofessionnalisation au cours des études suffiront : réfléchir sur ses pratiques, alterner modèles théoriques et réflexion sur la prise de décision, inscrire l’entrée en fonction dans une dynamique professionnelle : voilà qui est bon pour les mécaniciens, les ingénieurs, les médecins... mais pas pour les professeurs ! Enfin, la disparition des IUFM, c’est celle d’un lieu institutionnel dévolu à la réflexion pédagogique, permettant l’élaboration, la diffusion et l’application de recherches nationales et internationales dans les didactiques des disciplines, les sciences de l’éducation, la psychologie et bien d’autres sciences humaines. C’est l’affirmation implicite que le métier d’enseignant n’a nul besoin d’être nourri par la recherche ni soutenu par des organismes de formation initiale et continue accompagnant les transformations sociales et permettant d’affronter les nouveaux problèmes qui émergent. »[...]
Lire la totalité de l’article sur le site du journal le Monde