"Le come-back du franglais", un article de la version web du journal économique "Les Echos" en date du 15 septembre 2008

Où l’on reparle, of course, de notre Xavier Darcos à nous vu de l’étranger.
mercredi 17 septembre 2008
 Christian PUREN

"Le temps est loin où le International Herald Tribune citait le conseiller du ministre de la Culture de l’époque, Jacques Toubon. « Hamburger est français mais cheeseburger ne l’est pas et donc ne peut pas être utilisé », disait, en juin 1994, Yves Marek, parrain d’une loi sur le français. Tout change. « Les Français ont assoupli leur attitude agressive à l’égard de l’anglais », affirme The Economist. Mais pourquoi cette « résurgence du franglais » ? L’hebdomadaire est allé chercher la réponse du côté des dernières déclarations de Xavier Darcos. « J’en ai eu assez d’entendre dire que les Français n’apprennent pas à parler l’anglais », a dit le ministre de l’Education en fixant comme objectif le « bilinguisme » à la fin de la scolarité obligatoire. Car, selon lui, c’est un « handicap » dans la compétition internationale. D’une façon moins sophistiquée, note The Economist, les Français eux-mêmes acceptent de plus en plus l’anglais. Ils ont à peine sourcillé lorsque Sébastien Tellier, choisi pour représenter la France au dernier concours de l’Eurovision, a chanté en anglais. De toute façon, pour la plupart des musiciens français, chanter en anglais, est « de rigueur ». Même « la bible de l’élite française », Le Monde, reconnaît que les enfants de la globalisation n’écrivent plus le français. La publicité aussi, en dépit de l’obligation de sous-titrer les mots en anglais, s’est mise au franglais avec des slogans comme « Revitalift double lifting yeux » ou les journaux de mode avec des petites phrases comme « Le Hit des It bags ».

Le journal voit une autre raison à ce changement d’attitude. Nicolas Sarkozy, « même s’il n’est pas polyglotte, a abandonné l’anti-américanisme atavique des Français, qui comptait pour beaucoup dans leur hostilité à l’égard de l’anglais ». « Comme si de rien n’était », le nouvel album de sa femme, Carla Bruni, a une version anglaise. Un petit oubli de l’hebdomadaire cependant. Jacques Chirac avait répondu en anglais teinté d’accent français, en 1995, aux questions de Larry King, le présentateur vedette de CNN."

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