Apprendre l’hébreu en France, c’est facile,

par Sonia BARZILAY-NAUD, Directrice du Centre national de l’hébreu
vendredi 28 juillet 2006

Extrait de L’arche, mensuel du judaisme français , N°518 - avril 2001 - page 45

Par Sonia BARZILAY-NAUD *

Il n’y a pas d’âge pour étudier ! Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne l’étude de l’hébreu en France. Diverses structures permettent d’apprendre l’hébreu, du plus jeune âge à l’âge adulte.

Au sein des établissements juifs, les enfants commencent à apprendre l’hébreu dès leurs premières années de scolarisation. A partir de la classe de 4ème, ils peuvent choisir l’hébreu comme seconde langue vivante. Cet enseignement est assuré jusqu’au bac, où les lycéens peuvent se présenter à une épreuve d’hébreu comme première, deuxième ou troisième langue vivante, ou dans le cadre des épreuves optionnelles. Notons cependant que, dans la majorité des écoles primaires et des collèges juifs, l’hébreu fait partie de l’enseignement du judaïsme et n’est pas enseigné en tant que langue de communication.

Certains lycées publics offrent, eux aussi, la possibilité d’apprendre l’hébreu à partir de la classe de seconde, en vue de préparer les épreuves du bac. Si tel n’est pas le cas dans leur établissement, les lycéens désireux d’apprendre cette langue peuvent le faire par correspondance avec le CNED (Centre national d’enseignement à distance).

Dans l’enseignement supérieur, on trouve l’hébreu à différents niveaux : des départements d’études hébraïques permettent d’étudier du DEUG au doctorat à Paris 8, à l’INALCO, à Strasbourg I, à Lyon III. Ces formations peuvent déboucher sur les concours du CAPES et de l’agrégation d’hébreu. Par ailleurs, nombreuses sont les universités qui proposent des cours d’hébreu validés comme « seconde langue », « langue étrangère » ou « cours optionnel » : Paris IX Dauphine, Paris III Créteil, Université Stendhal Grenoble III, Université Paul Valéry Montpellier III, Université de Toulouse le Mirail, Université Michel de Montaigne Bordeaux III. L’hébreu est présent également dans les Grandes écoles et dans les écoles de commerce (École normale supérieure, ESSEC, ESCP.). Ces cours sont validés comme « seconde langue », « cours optionnels » ou, en réponse à une demande des étudiants, comme cours d’enrichissement personnel.

L’hébreu biblique est enseigné dans les départements d’études hébraïques des universités, à la Sorbonne Paris IV, ainsi que dans pratiquement toutes les facultés de théologie : Instituts catholiques de Paris, de Toulouse, de Lille et d’Ouest-Angers, Faculté de théologie catholique de Strasbourg, Institut protestant de Paris, Facultés de théologie protestante de Strasbourg et de Montpellier, Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, etc.

Dans le cadre de l’éducation non formelle, signalons pour les jeunes, les mouvements de jeunesse et les Talmudé-Torah, et, pour les adultes, les oulpanim-cours d’hébreu. Ces cours sont proposés dans des centres communautaires, des synagogues et des écoles juives. Paris offre le plus grand centre d’oulpanim européen : le centre communautaire de Paris (119, rue La Fayette). Les adultes qui ne peuvent pas s’intégrer dans une de ces structures peuvent étudier l’hébreu par correspondance au CNED.

Les nouvelles technologies sont elles aussi représentées. Un cd-rom d’hébreu moderne et un cd-rom d’hébreu biblique existent déjà ; un troisième cd-rom, destiné à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture pour enfants, est en préparation (Yodéa@éditions). Deux sites Internet (hebreu.org et hebreunet.org) proposent de nombreuses informations très précises et des liens très pratiques.

Nombreux sont les étudiants qui participent à des cours d’été en Israël organisés par des universités (Jérusalem, Haïfa, Tel-Aviv) ou par des centres d’oulpanim (Oulpan Akiva à Natanya, Bet Ha’am à Jérusalem). C’est une expérience très enrichissante que d’apprendre l’hébreu en Israël, en baignant dans la langue toute la journée. Mais on doit observer que les méthodes et les manuels écrits en Israël ne peuvent être utilisés tels quels hors du pays : il faut tenir compte du nombre d’heures enseignées et d’autres différences dans l’approche pédagogique. En France, cette question des manuels d’études a amené des professeurs d’hébreu à développer des méthodes pour francophones. Le département « Créer-didactique » de l’Alliance israélite universelle produit également un matériel spécifique.

La demande grandissante pour l’étude de l’hébreu a incité le Fonds social juif unifié, l’Agence juive pour Israël et le Fonds Pincus à créer, en novembre 1998, le Centre national de l’hébreu (1), qui offre aux enseignants des formations professionnelles à Paris en et Province ainsi que des matériels pédagogiques destinés au public francophone.

* Sonia Barzilay-Naud est directrice du Centre national de l’hébreu

1) CNH : 39, rue Broca, 75005 Paris. Téléphone : 01 42 17 10 50 E-mail : cnh@club-internet.fr


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