In memoriam Antoine Beck, par Francis WALLET, Vice-président de l’APLV

jeudi 18 décembre 2008

C’est avec tristesse que nous avons appris la disparition d’Antoine Beck, le 23 août 2008. Si nous lui rendons hommage dans ce numéro des Langues Modernes, c’est qu’il est l’exemple d’une fidélité à l’association qui ne s’est jamais démentie. Lors du centenaire de l’APLV, la revue a publié une interview d’A. Beck (n°1-2003, pp. 63-67) qui s’intitulait « Cinquante ans à l’APLV » [1] et retraçait sa vie de militant pour les LV. Reprenons ici quelques éléments de son parcours. En 1937, il découvre l’association alors qu’il prépare le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement de l’allemand dans les lycées et collèges : il n’y a pas alors de préparation pour le commentaire grammatical, et seules Les Langues Modernes proposent des modèles.

Antoine Beck est reçu premier en 1938 ; il enseigne d’abord l’allemand à Orléans mais en 1940 les autorités allemandes le réquisitionnent pour être rattaché à la Kommandantur. À la suite de son refus, toute sa famille doit retourner en Alsace et on lui signifie qu’étant alsacien, il est allemand, et qu’il est trop jeune pour enseigner : il est contraint d’aller en formation à Heidelberg. Nommé remplaçant à Sélestat puis à Haguenau, il enseigne alors l’allemand, l’anglais et l’éducation physique. Vers la fin de la guerre, il entre en résistance puis, après la Libération, il devient quelque temps journaliste à l’Humanité.

En 1948, il passe l’agrégation, puis est nommé à Lons-le-Saulnier et c’est là qu’il rencontre des membres de l’APLV. Il devient assistant à la Faculté de Strasbourg, commence une thèse intitulée « Influence du socialisme allemand sur le socialisme français ». Mais, ayant complètement perdu la vue, il abandonne ses recherches ; il est nommé au lycée Kléber de Strasbourg, où il adhère à l’APLV. Dans les années cinquante, avec G. Mattler et le professeur Fourquet, il crée la Régionale de Strasbourg dont il devient président. Il le restera jusqu’en 1981. Membre du comité, puis Vice-président national jusqu’en 1987, il travaille à un ouvrage de traduction, puis avec C. Eckert à une méthode d’allemand audio-orale. Il s’implique beaucoup dans l’élaboration d’un programme grammatical pour l’enseignement de l’allemand, qui sera d’ailleurs repris officiellement. Il écrit de nombreux articles portant sur l’évaluation et il coordonne notamment le numéro des Langues Modernes sur l’évaluation au baccalauréat en 1984.

Membre d’honneur de l’APLV, il continue, à la retraite, à s’intéresser aux questions pédagogiques tout en consacrant beaucoup de son temps à l’Association des Intellectuels aveugles ou Amblyopes. Il recommandait d’ailleurs, dans l’interview mentionnée ci-dessus, que toutes les associations disciplinaires, telles que l’ADEAF (Association pour le développement de l’allemand en France), travaillent ensemble à la défense et à l’amélioration des conditions d’enseignement. Nous le remercions pour son travail et son dévouement au service des langues, et nous présentons toutes nos condoléances à sa famille.

Dernière minute
Nous venons d’apprendre le décès d’une militante de longue date de l’APLV, Martine Baruch, ancienne Vice-Présidente de l’association. Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille, et nous lui rendrons hommage dans le prochain numéro des Langues Modernes.


[1Le texte intégral de cette interview a été re-publié début septembre 2008 sur le site de l’APLV : In memoriam : Interview d’Antoine Beck, parue dans le n° 1/2003 des Langues Modernes