L’anglais en tant que "langue nationale partielle" en Suisse ? : une proposition des auteurs d’un récent rapport du Programme national de recherche "Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse" (février 2009)

mardi 17 février 2009
 Christian PUREN

Extraits de la présentation du rapport sur le site du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique, FNSNF

"Toujours plus de personnes vivant et travaillant en Suisse ne comprennent pas ou mal la langue locale. L’État est dès lors appelé à adapter sa politique linguistique en fonction de cette diversité, non seulement en encourageant l’apprentissage des langues nationales mais aussi en intensifiant ses prestations de traduction. Telle est la conclusion d’une étude juridique menée dans le cadre du Programme national de recherche en Suisse « Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse » (PNR 56)."

(...)

"Selon les auteurs, il conviendrait par ailleurs de s’interroger sur la place de l’anglais en tant que langue officielle partielle, soit le fait que l’État communique davantage de façon ponctuelle en anglais. Une telle pratique favoriserait le recrutement de professionnels étrangers hautement qualifiés particulièrement convoités par l’économie. De fait, ces derniers ne vivant généralement en Suisse que pour une période limitée, il est très difficile de les contraindre à l’apprentissage d’une langue officielle. L’introduction de l’anglais comme langue officielle partielle permettrait aussi à la Suisse de se mettre en conformité avec la réalité juridique, nombre de secteurs professionnels orientés internationalement étant dominés par l’anglais."

Lire le communiqué de presse du FNSNF en date du 17 février 2009.

Lire le rapport final Zum Umgang mit neuen Sprachminderheiten, Dr. iur. Alberto Achermann & Prof. Dr. iur. Jörg Künzli (allemand).

Présentation du Programme national de recherche "Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse"

"Le quadrilinguisme traditionnel de la Suisse a depuis longtemps fait place à un multilinguisme. Cette réalité pose inévitablement divers problèmes pour l’école et la société. D’un autre côté, le capital linguistique de la Suisse ouvre d’énormes chances car, aujourd’hui plus que jamais, l’internationalisation rend les connaissances linguistiques indispensables. Pour l’heure, la diversité des langues pratiquées pose de nouvelles questions vis-à-vis de l’école, de la politique, de l’économie, de la société mais aussi de chaque individu. Le PNR 56 mandaté par le Conseil fédéral explore et développe depuis 2006 les bases permettant de conserver, d’encourager et de mettre à profit la diversité linguistique en Suisse."