L’anglais, langue rare ? : La Commission européenne confrontée à une grave pénurie d’interprètes pour les 5-10 années à venir

mardi 24 février 2009

MEMO/09/74
Bruxelles, le 19 février 2009

Le service d’interprétariat de la Commission européenne est confronté à la perspective d’une crise de remplacement des linguistes pour un certain nombre de langues – et d’une pénurie pour plusieurs autres. Faute d’accroissement du nombre de diplômés qualifiés issus des écoles d’interprètes et des universités, les Institutions de l’Union européenne perdront au moins un tiers de leurs interprètes de langue anglaise d’ici à 2015 du fait des départs en retraite – et de près de la moitié d’entre eux dans les dix années à venir.

La Direction générale de la Commission européenne pour l’interprétation tient à s’assurer que les jeunes gens sachent que l’interprétation peut être un choix de carrière intéressant pour des diplômés de l’enseignement supérieur ayant une bonne connaissance des langues. En collaboration avec ses homologues du Parlement européen et de la Cour de Justice européenne, la DG Interprétation a réalisé un clip vidéo pour aider les jeunes anglophones à en apprendre un peu plus sur la profession d’interprète. "Interpreting for Europe ... into English", adressé essentiellement à un public britannique et irlandais, est lancé aujourd’hui sur YouTube et sur un certain nombre de sites communautaires et nationaux sur la Toile.

Il sera suivi dans le courant de l’année par des réalisations à l’intention des francophones et des germanophones.
En 2008, le tout premier clip de ce genre – destiné aux Lettons, a été réalisé par la Commission européenne.

Un grand nombre de linguistes anglophones ont été recrutés à partir du milieu des années 1970 et jusqu’au milieu des années 1980 après l’adhésion du Royaume-Uni et de l’Irlande à la Communauté européenne de l’époque en 1973. Alors qu’ils atteignent l’âge de la retraite, ils ne sont pas remplacés au même rythme. Grâce à une formation continue sur le tas, les interprètes qui partent en retraite couvrent au moment de leur départ un plus grand nombre de langues que ne peuvent en assurer leurs jeunes collègues au moment de leur entrée, ce qui – conjugué à une situation comparable en matière de pyramide des âges pour d’autres langues pivot essentielles comme le français, l’allemand, l’italien, le néerlandais – peut créer des difficultés au service d’interprétariat de la Commission européenne pour assurer toutes les nombreuses combinaisons différentes de langues qui doivent être couvertes dans le cadre des réunions.

L’usage croissant de l’anglais comme moyen de communication à l’échelle mondiale a véhiculé une croyance répandue selon laquelle la faculté de parler anglais suffit pour les contacts internationaux, à la fois pour le travail et pour la vie personnelle ou sociale. Ceci vaut autant pour ceux dont l’anglais n’est pas la langue maternelle que pour les anglophones. Néanmoins, on peut affirmer sans risque que cette perception de la situation prévaut tout particulièrement dans les pays anglophones, où les jeunes gens ne voient aucun avantage à apprendre une autre langue.

Par voie de conséquence, le nombre de jeunes gens apprenant des langues a sensiblement diminué. Ce phénomène est manifeste au Royaume-Uni et de fait dans les pays anglophones en général, mais il en va de même pour de nombreux pays dans le monde où l’apprentissage de l’anglais est considéré comme essentiel alors que les autres langues sont négligées.

Lire la suite du communiqué sur le site de la commission européenne.