Le TCF

Test de Connaissance du Français ( Ministère de l’Education Nationale)
jeudi 3 août 2006
 Marie-Pascale HAMEZ

Le TCF tout public délivre une attestation de niveau pour le français langue générale. Les résultats sont rapportés sur l’échelle de compétence du Conseil de l’Europe. L’attestation TCF, délivrée par le CIEP est valable deux ans alors que les diplômes DELF et DALF sont acquis pour la vie. Elle est reconnue par le Ministère de l’Éducation Nationale (France), par la Communauté Européenne et par les organismes internationaux.

Trois épreuves obligatoires : 80 items, 1 h 30 minutes.

Le TCF se présente sous la forme d’un QCM (Questionnaire à choix multiple) comptant 80 questions pour lesquelles une seule réponse est possible parmi 4 choix proposés. Les questions sont conçues selon un principe de difficulté progresssive.

- Compréhension orale : 30 items, 25 minutes.
(Compréhension d’énoncés, compréhension d’échanges, compréhension de micro-conversations, compréhension d’exposés, de documents radiophoniques.)

Proposez à vos élèves/étudiants de s’entraîner à l’épreuve de CO (niveaux 5 et 6 grâce aux exercices en ligne de RFI et du CIEP

- Maîtrise des structures de la langue : 20 items, 20 minutes.

- Compréhension écrite : 30 items, 45 minutes.
Les items vont de la compréhension la plus simple (noms ou phrases simples, informations contenues dans des documents courants, textes en langue courante relatifs à la vie quotidienne ou au travail) à la compréhension de textes plus longs (expression de points de vue) à des textes plus abstraits et complexes.

Deux épreuves complémentaires optionnelles :

- Expression orale : 15 minutes. Entretien avec le jury sans préparation.

Le candidat est évalué sur : ses capacités à parler de lui-même et des autres, raconter des histoires, des expériences, des événements, donner son opinion, présenter une argumentation, présenter de façon détaillée et structurée un sujet plus complexe.

- Expression écrite : 1 h 45 minutes.
Six exercices de difficulté progressive sont proposés au candidat, qui est évalué sur l’ensemble.

Rédaction d’un message court et simple (40 mots), d’une brève lettre personnelle (60 mots), d’une lettre formelle (80 mots), d’un article dans lequel est développé un point de vue (100 mots), d’un argumentaire dont l’objectif est de convaincre le lecteur (100-125 mots), d’un compte-rendu (100 mots).

Pour pouvoir présenter les épreuves complémentaires, le candidat doit être impérativement inscrit au TCF (épreuves obligatoires) ou l’avoir déjà été.

La correction de toutes les épreuves (obligatoires et complémentaires) est centralisée au CIEP. L’évaluation de l’expression orale (enregistrée sur cassette audio) et la correction de l’expression écrite sont effectuées à l’aide de barèmes standardisés par des correcteurs habilités. Les autres épreuves sont corrigées par scanneur.

Téléchargez le guide du candidat sur le site du CIEP.

&#8226 Le TCF-DAP a été créé pour harmoniser les tests linguistiques proposés par les universités françaises. Il est réservé aux étudiants de l’étranger, non européens et non francophones, souhaitant intégrer un premier cycle dans les établissements français de l’enseignement supérieur. L’attestation TCF-DAP, délivrée également par le CIEP (Centre International d’Études Pédagogiques) est valable deux ans, reconnue par le Ministère de l’Éducation nationale (France), par la Communauté Européenne et par les organismes internationaux.

Le test est organisé en deux parties :

- La première partie est composée d’épreuves identiques aux épreuves obligatoires du TCF tout public,

- La deuxième partie évalue l’expression écrite.

L’expression orale n’est pas évaluée dans le TCF-DAP.

BIBLIOGRAPHIE :
- CD Rom d’entraînement au test, publié par le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance).
- Guide officiel d’entraînement au TCF, publié par les éditions Didier.
- Nouvel Entraînez-vous, 250 activités, publié par Clé International.

Rubrique CIEP sur le site des Langues Modernes.


CIEP (Centre International d’Études Pédagogiques)

Commentaires  forum ferme

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Le TCF
vendredi 4 août 2006 à 18h25 -  Christian PUREN

Le thème abordé par Marie-Pascale HAMEZ est important, dans la mesure où le TCF est de plus en plus utilisé non seulement dans les évaluations des étudiants étrangers souhaitant s’inscrire dans une université française, mais qu’il est proposé aussi (sinon encore adopté) comme outil de certification de fin de cursus scolaire dans certains pays étrangers.

Cette courte réaction n’a pour but que de prolonger sur ce dernier point l’article de notre collègue. Dans ce tout dernier cas, en effet, le TCF ne peut plus être considéré seulement dans ses aspects techniques, mais il doit être questionné dans ses implications politiques (introduire dans un système scolaire une validation finale conçue et corrigée à l’étranger n’est pas une décision neutre), professionnelles (en France, c’est le Ministère français qui définit les épreuves, et ce sont les enseignants français qui en proposent et préparent les sujets), didactiques (on sait que la nature des épreuves terminales modélisent fortement en amont les pratiques d’enseignement et d’apprentissage) et, last but not least, économiques (c’est un test cher ; une version du TCF propose bien des épreuves d’expression orale, mais elle sont alors enregistrées, et les cassettes envoyées pour correction au CIEP à Paris, ce qui, on l’imagine, augmente significativement le coût du test).

Pour continuer sur l’aspect didactique, j’ajouterai une autre réserve qui me paraît importante. Le TCF est orienté à la fois compétence linguistique et compétence communicative. Il y a bien une certaine prise en compte de la compétence pragmatique (cf. l’épreuve où il s’agit de convaincre son interlocuteur), mais ce test ne satisfait pas aux exigences de la « perspective actionnelle » actuellement proposée par le Conseil de l’Europe : celles-ci supposent, entre autres, la prise en compte 1) des types d’action spécifiques à tel ou tel contexte (l’une des priorités pour un étudiant étranger en France est par exemple de prendre des notes à partir d’exposés oraux), et 2) des spécificités culturelles de l’action dans son contexte (on n’argumente pas de la même manière dans une dissertation philosophique, un éditorial de journal ou dans une lettre d’excuse à son professeur...).

Le TCF se situe dans une logique de standardisation de l’enseignement et de l’apprentissage à partir de critères définis entièrement de l’extérieur des systèmes scolaires et en dehors des enseignants et des apprenants. On sait que ce sont là des dangers qui menacent aussi l’enseignement-apprentissage des langues vivantes en France, sur lesquels une association telle que l’APLV devra se montrer particulièrement vigilante dans les années qui viennent.