"Le multilinguisme : un atout pour l’Europe" : un communiqué de presse du Parlement européen (24 mars 2009)

un communiqué de presse du parlement européen
jeudi 26 mars 2009
 Antoine GALINDO

En réponse à une communication de la Commission, une résolution d’initiative du Parlement souligne la nécessité d’appuyer l’enseignement en Europe des langues, y compris régionales et minoritaires qui représentent un atout la diversité culturelle pour l’Europe. Les députés mentionnent spécialement l’importance de préserver le multilinguisme dans les régions où coexistent deux ou plusieurs langues officielles.
De manière générale, le Parlement se félicite de la communication de la Commission et de l’attention dont elle a bénéficié de la part du Conseil.

Les compétences linguistiques permettent aux citoyens de profiter de la liberté qui leur est offerte de vivre ou travailler dans un autre État membre et favorisent leur participation à la vie démocratique "en termes de citoyenneté active, d’employabilité et de connaissance d’autres cultures" ; estiment les députés.

Le rapporteur, Vasco Graça Moura (PPE-DE, PT), a pris la parole avant le vote, déplorant que "certains essaient de transposer dans ce Parlement des querelles nationalistes espagnoles". Il a estimé que son rapport "respecte les langues minoritaires et régionales".

La question de savoir si les parents peuvent choisir la langue espagnole pour l’enseignement de leurs enfants fait débat en Espagne dans les régions où plusieurs langues officielles coexistent (Catalogne, Pays Basque et Galice)."La reconnaissance du multilinguisme passe par la reconnaissance de l’existence au sein d’un même état de régions ayant leur propre langue. Nous devons assurer l’utilisation de ces langues dans le système éducatif afin d’éviter leur déclin. L’UE ne devrait pas remettre en question les décisions prises par les régions à ce sujet", a déclaré Josu Ortuondo Larrea (ALDE, Espagne), cosignataire d’une résolution alternative proposée par les groupes PSE, ADLE et Verts/ALE.

Le choix de la subsidiarité

L’Assemblée a choisi d’adopter, par 335 voix pour, 279 contre et 69 abstentions, la résolution alternative, estimant qu’il était impératif d’appliquer le principe de subsidiarité et de laisser les états et les régions européens décider des règles en matière de langues de scolarisation. Cette résolution a supprimé certains paragraphes du rapport initial de la commission de la Culture qui soulignaient en particulier l’importance pour les parents de pouvoir choisir la langue dans laquelle ils veulent éduquer leurs enfants dans les pays où il existe une ou plusieurs langues officielles. Le nouveau texte a retiré également un paragraphe qui mettait en garde contre "l’erreur qui consisterait à promouvoir une langue aux dépens des droits des locuteurs d’une autre, ou par toute forme de contrainte ou de discrimination qui les ignorerait ou leur porterait préjudice."

Langues officielles et langues minoritaires

Il est capital, souligne la résolution, de préserver le multilinguisme dans les pays ou régions où coexistent deux ou plusieurs langues officielles et de garantir "une pleine intelligibilité inter-linguistique, surtout dans les domaines liés aux personnes âgées et dans les secteurs de la justice, de la santé, de l’administration et de l’emploi".

Le Parlement renouvelle son engagement de longue date en faveur de la promotion de l’apprentissage des langues, du multilinguisme et de la diversité linguistique dans l’Union européenne, y compris des langues régionales et minoritaires. Celles-ci appartiennent au patrimoine culturel et doivent être protégées et encouragées, le multilinguisme étant "essentiel pour une communication efficace et constituant un outil permettant de faciliter la compréhension entre les personnes et, partant, l’acceptation des différences et des minorités".

La langue, un facteur d’intégration des immigrés

Les députés soulignent également l’importance d’un bon apprentissage des langues officielles de l’État d’accueil pour la pleine intégration des immigrés et de leurs familles et estiment que des cours de langues spéciaux doivent être efficacement encouragés par les gouvernements nationaux, à l’intention notamment des femmes et des personnes âgées. Les États membres sont invités à assumer leurs responsabilités à l’égard des immigrés en leur donnant les moyens nécessaires pour étudier la langue et la culture du pays d’accueil, ainsi qu’en leur permettant d’entretenir leur propre langue et en les y encourageant.

La résolution encourage également "l’introduction des langues maternelles minoritaires, autochtones et étrangères comme possibilité facultative à l’école ou en tant qu’activité extrascolaire proposée à la communauté".

Apprendre les langues étrangères

Les députés estiment nécessaire et opportun de créer des possibilités d’apprentissage des langues étrangères à l’âge adulte, notamment à travers des programmes de formation professionnelle et d’apprentissage tout au long de la vie, dans l’optique du développement personnel et professionnel de l’individu.

Encourager le sous-titrage

Dans les émissions télévisées, le recours au sous-titrage, estiment les députés, facilitera l’apprentissage et la pratique des langues de l’Union européenne, en vue d’une meilleure compréhension du contexte culturel des productions audiovisuelles ;

Créer des programmes spécifiques d’aide à la traduction

La résolution souligne également que la création de programmes spécifiques d’aide à la traduction et de réseaux de bases terminologiques multilingues "est de la plus haute importance".

Vous trouverez, dès sa disponibilité, le texte adopté tenant compte des amendements éventuels, sur le site du Parlement Européen, en cliquant dans le calendrier sur le jour du vote (24.03.2009).


sur le site du Parlement européen