« Master d’enseignement : l’Espagne le mettra en place à la rentrée 2009 », un article sur le site EducPros de L’Étudiant

La mastérisation à l’espagnole.
samedi 2 mai 2009
 Michel MOREL

On constatera en lisant cet article que les problèmes et les questions qu’on se pose ne sont guère différents d’un pays à l’autre.

« La formation des professeurs du secondaire changera en septembre 2009 en Espagne. L’objectif est de former, dans les dix années à venir, de 200 000 à 240 000 enseignants. Le remplacement de l’ancien certificat d’aptitude pédagogique (CAP) par un master en formation des professeurs constitue une minirévolution. « Notre système datait de 1972, il était vraiment temps de le changer », explique Francesc Imbernon, professeur du département de didactique et d’organisation éducative de l’université de Barcelone. « Le CAP se limitait à délivrer aux diplômés universitaires une formation pédagogique de soixante heures », poursuit-il.

Le nouveau master, lui, s’étalera sur un an et sera divisé en trois blocs. 25 % seront consacrés à une formation générale (préparation des classes, adaptation à la situation sociale des élèves, etc.). « Aujourd’hui, trop de jeunes professeurs arrivent en cours sans savoir s’adapter aux différences socio-économiques et aux difficultés de l’adolescence », témoigne dans El Pais Luis Rico, professeur de l’université de Grenade. Le deuxième bloc, de 50 %, sera dédié à la didactique propre à chaque matière. La part restante du cursus consistera en des stages dans des centres scolaires agréés. D’après Francesc Imbernon, c’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement a préféré passer par les dix-sept communautés autonomes pour impulser la réforme.

En effet, les universités en charge du nouveau master négocieront avec les centres scolaires pour les agréer comme « centres de stages ». La bonne articulation entre classes théoriques et pratiques est un aspect délicat qui conditionnera le succès de la réforme. Le gouvernement espère qu’avec ce nouveau dispositif, les candidats les moins motivés renonceront au professorat. Mais de nombreuses zones d’ombre persistent. Qui, par exemple, assumera le surcoût de l’année de master (estimé entre 4 000 et 5 000 € par étudiant) ? Et la réforme ne privilégie-t-elle pas trop la pédagogie au détriment de la formation académique ? »


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