Parution : « Étude économique de l’Italie » - OCDE, juin 2009

vendredi 19 juin 2009
 Michel MOREL

Résumé :

« L’Italie traverse une période difficile. L’économie est plongée dans une forte récession, principalement du fait d’évolutions extérieures liées à la crise financière mondiale, et une grande incertitude entoure la vigueur de la reprise et le moment où elle interviendra. En dépit de son système bancaire relativement sain, l’Italie semble particulièrement sensible à la fois à la crise du crédit, de la même ampleur que dans les autres pays et à la faiblesse de la demande externe. Cette sensibilité a été probablement amplifiée par l’insuffisance de la productivité et de la rentabilité globale depuis une décennie ou plus, mais aussi par la faiblesse de la situation budgétaire sous-jacente. Une série de mesures neutres pour le budget ont été prises à court terme, mais des réformes macroéconomiques et structurelles peuvent améliorer la performance économique à long terme.

La politique budgétaire doit privilégier deux axes d’intervention : améliorer l’efficacité avec laquelle les dépenses courantes réalisent leurs objectifs, et veiller à ce que les tendances de long terme des dépenses soient maîtrisées. Dans l’immédiat, il n’y a pas de marges de manœuvre pour augmenter le déficit du secteur public au-delà de l’action des stabilisateurs automatiques. Mais des mesures telles que les récentes initiatives visant à réorienter des dépenses vers les chômeurs et les familles les plus pauvres peuvent amplifier quelque peu l’effet des stabilisateurs automatiques tout en atténuant l’impact de la récession sur les catégories qui seront probablement les plus durement touchées. À long terme, grâce aux différentes réformes des retraites mises en route dans le passé, les tendances budgétaires sont moins préoccupantes que dans beaucoup d’autres pays ; néanmoins, des efforts renouvelés s’imposent, étant donné que l’application intégrale de la réforme des retraites exigera une détermination sans faille et que l’Italie part d’un niveau d’endettement élevé.

Dans le secteur financier, les pratiques relativement traditionnelles des banques et l’orientation prudente de la réglementation semblent avoir contribué à éviter jusqu’ici l’apparition de sérieux problèmes internes dans le secteur bancaire. Mais les conditions de crédit se sont néanmoins durcies, et des risques subsistent, comme dans tous les pays. Il faut poursuivre les efforts pour recapitaliser les banques, de préférence par des financements privés, sur le marché intérieur ou à l’étranger, mais sans exclure l’injection de capitaux publics, bien que l’on note une réticence compréhensible à envisager une prise de contrôle même partielle par l’État.

Les politiques structurelles ne doivent pas être oubliées, même en période de crise. L’Italie peut s’appuyer sur les progrès accomplis dans des domaines tels que la libéralisation des services. Cette libéralisation devrait être achevée et étendue à d’autres secteurs, par exemple les transports et d’autres services locaux, de façon à faire jouer davantage la concurrence pour améliorer le service aux clients et pour accroître l’efficience globale. Différents secteurs de l’administration publique fournissent des services essentiels à l’économie, qu’il s’agisse d’élaborer et de mettre en œuvre les réglementations, de collecter les impôts ou de faire appliquer les contrats devant les tribunaux. Les mesures prévues pour améliorer l’efficience de l’administration publique doivent être poursuivies et le recours à différents mécanismes d’audit, notamment l’analyse d’impact des réglementations et les examens des dépenses publiques, devrait faire partie intégrante de ce processus.

Le système éducatif italien est confronté est un changement majeur : le gouvernement a annoncé son intention de rationaliser les dépenses dans ce secteur et de renforcer le système d’évaluation ; il entend aussi mettre en place de nouveaux mécanismes de recrutement, de formation initiale et d’incitation pour les enseignants, mais les mesures définitives dans ce domaine doivent encore être adoptées. Le manque de données précises pour évaluer les élèves et les établissements est l’un des points noirs du système actuel ; en outre, peu d’acteurs du système éducatif, des enseignants jusqu’à l’administration centrale, sont tenus responsables en cas de performance insuffisante. Le principe d’évaluation des résultats doit être appliqué à plusieurs niveaux, notamment aux chefs d’établissement et aux gestionnaires de budgets, mais aussi aux enseignants, de sorte que les responsables de décisions cruciales telles que le recrutement des enseignants, la formation des classes et les méthodes pédagogiques disposent d’informations appropriées pour juger les résultats et soient incités à améliorer leurs performances. Mais si les résultats des chefs d’établissement doivent faire l’objet d’évaluation, ceux ci doivent aussi disposer d’une marge d’autonomie et de pouvoirs de gestion suffisants, alors qu’on constate aujourd’hui une absence quasi totale d’autonomie au niveau des établissements. Étant donné l’imbrication de ces réformes, le mieux serait de les introduire sous la forme d’un programme complet, et non séparément. »

Synthèses en téléchargement

Compléments :

- Site de l’OCDE consacré à l’Italie

- Profil statistique de l’Italie

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