L’efficacité des enseignants se heurte au manque de motivation et aux mauvais comportements en classe, selon un rapport de l’OCDE

dimanche 12 juillet 2009
 Laure PESKINE

TALIS 2009 est la première d’une série de perspectives comparatives sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage des enseignants du secondaire inférieur dans les écoles publics et privées dans 23 pays membres et partenaires de l’OCDE [1].

Basé sur cette enquête TALIS le rapport Creating effective teaching and learning environments, fournit pour la première fois des données comparables à l’échelle internationale sur la situation des enseignants dans les établissements scolaires de 23 pays participants.

Le principal message politique est que les autorités chargées de l’éducation doivent proposer des mesures d’incitation plus efficaces aux enseignants. En effet, de nombreux pays ne font aucun lien entre l’évaluation des résultats des enseignants et les récompenses et reconnaissance dont ils bénéficient, et lorsque ces liens existent, ils sont souvent ténus.

Lors de la parution de ce rapport, le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, a insisté sur la nécessité d’encourager l’amélioration des performances des enseignants. « De bons enseignants sont essentiels à la réussite des politiques de l’éducation », précise-t-il. « Au bout du compte, la qualité d’un système éducatif repose sur celle de ses enseignants et de leur travail. »

Cette étude, menée avec le soutien de la Commission européenne, englobe 23 pays participants : Australie, Autriche, Belgique (Communauté flamande), Brésil, Bulgarie, Corée, Danemark, Espagne, Estonie, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lituanie, Malaisie, Malte, Mexique, Norvège, Pologne, Portugal, République Slovaque, Slovénie et Turquie (des pays de l’OCDE importants, comprenant les États-Unis, le Canada, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont décliné toute participation à l’étude).

Dans chaque pays, environ 200 écoles furent choisies au hasard, et dans chacune d’entre elles, un questionnaire fut rempli par le principal d’établissement et un autre par 20 professeurs également choisis au hasard.

Les questions portaient sur des sujets tels que la préparation des enseignants, leurs méthodes pédagogiques ainsi que la reconnaissance et les récompenses qu’ils peuvent obtenir. Le rapport montre que trois enseignants sur quatre indiquent manquer de motivation pour améliorer la qualité de leur enseignement, tandis que le mauvais comportement des élèves en classe perturbe les cours dans trois écoles sur cinq,

Dans l’ensemble, ce rapport montre que les décideurs chargés de l’éducation pourraient déployer plus d’efforts pour soutenir les enseignants et améliorer les résultats des élèves si le public comme les responsables politiques s’attachaient moins au contrôle des ressources et des contenus éducatifs et davantage aux retombées de l’enseignement.

Selon M. Gurría, les autorités chargées de l’éducation doivent abandonner les politiques du passé articulées autour de la dialectique ‘succès et échec’ qui caractérisent encore trop souvent les systèmes scolaires nationaux, pour adopter une approche plus scientifique et des mesures fondées sur des pratiques exemplaires et sur des normes internationales rigoureuses.

« Il faut pour cela rejeter l’uniformité des systèmes pour se tourner vers la diversité et la personnalisation de l’enseignement et de l’apprentissage », ajoute-t-il. « Il faut aussi abandonner la gestion des moyens et les approches bureaucratiques de l’enseignement pour adopter un système où les responsabilités sont déléguées et où la direction des établissements scolaires soutient les enseignants. En bref, il faut arrêter de parler d’équité en termes d’offre de services éducatifs, et établir l’équité en termes de résultats. »

Résumé de l’enquête Talis :http://www.oecd.org/dataoecd/1/14/43049958.pdf

Télécharger l’enquête : http://www.oecd.org/dataoecd/17/51/43023606.pdf


Sur le site de l’OCDE

[1OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques