Le Courrier de l’UNESCO n°8/2009 : « Histoire des peuples : le passé recomposé »

mercredi 4 novembre 2009
 Laure PESKINE

En tissant les mille et un fils d’Ariane de la mémoire du passé et de l’actualité du monde contemporain, l’UNESCO s’est lancée dans une aventure à l’échelle universelle où la notion de durée prend tout son sens, car elle permet d’appréhender dans leur globalité l’évolution des sociétés et l’épanouissement des cultures, dans leurs échanges, marqués par des violences sanglantes, certes, mais aussi par un accueil généreux de l’altérité dont les empreintes restent indélébiles.

Quand de nos jours émergent de nouvelles formes d’ignorance et d’intolérance, conjuguant hypothèses sur la fin de l’histoire et replis identitaires, les principes de respect mutuel, de solidarité et de dialogue entre les peuples et les cultures, qui inspirèrent la création du système des Nations Unies, demeurent ô combien d’actualité.

Témoignages des legs et des rêves communs de l’humanité, les collections d’histoires publiées par l’UNESCO sont appelées à participer – grâce à une large diffusion de leur message – à la construction d’un avenir partagé qui mettrait à profit les possibilités de compréhensions entre les cultures à l’âge de la mondialisation.

Écrire l’histoire au pluriel
Forger une conscience de l’unité de l’espèce humaine dans sa diversité, telle était l’intention de l’UNESCO qui, aussitôt fondée, lançait le projet d’une nouvelle Histoire de l’humanité. Pari difficile. Trente ans plus tard, il a fallu revoir la copie, changer d’approche méthodologique et surtout tenter de surmonter les obstacles idéologiques. Le dernier volume est paru cette année.

Décoloniser l’histoire
Au lendemain des indépendances, dans les années 1960, les pays africains se sont donné pour tâche de remédier à l’ignorance sur le passé de leur continent et rompre avec les préjugés discriminatoires. Pour la première fois, les Africains allaient écrire l’histoire de leur continent.

Les choses anciennes restent dans l’oreille
La parole peut-elle être une source historique ? C’est à cette question que répond l’historien guinéen Djibril Tamsir Niane, en montrant que les archives écrites ne sont pas les seules garantes de l’histoire. La tradition orale est un véritable musée vivant, habillant de chair et de couleur le squelette du passé, disait le Burkinabé Joseph Ki-Zerbo.

Sur les routes des steppes et de la soie
Terre de rencontres et d’échanges, l’Asie centrale a aussi connu des périodes de cloisonnement. L’Histoire des civilisations de l’Asie centrale montre qu’en dépit des barrières idéologiques, les liens historiques et culturels entre les peuples qui l’habitent tissent une identité propre à la région.

L’histoire vue à travers le prisme des sociétés
Une première mondiale : l’Histoire générale de l’Amérique latine se penche plutôt sur le passé des sociétés que sur celui des nations habitant la partie centrale et méridionale du continent américain. Toutefois, le manque de sources historiques sur les populations autochtones et afro-américaines a posé des difficultés.

Destins croisés
Grâce à l’Histoire générale des Caraïbes, les populations dispersées dans la région, mais unies par la culture, se trouvent pour la première fois sur le devant de la scène historique non plus comme objets, mais comme sujets et acteurs de leur destin.

Messages de l’Islam
La foi en Dieu et en l’homme ont permis à l’Islam de contribuer largement à l’édification de la civilisation humaine. Sa force ne découle pas du « fixisme » d’un ordre imposé, mais de la permanence d’un modèle qui est toujours à recréer, à partir de l’inspiration divine et des exigences du moment.


Le Courrier de l’UNESCO n°6/2009