Rapport au Parlement sur l’emploi de la langue française

vendredi 20 novembre 2009
 Laure PESKINE

Le rapport annuel du gouvernement sur l’emploi de la langue française vient d’être rendu public par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France.

Education, services publics, Internet, médias, formation professionnelle... de nombreux secteurs font, dans l’édition 2009 de ce rapport, l’objet d’un diagnostic approfondi.

Le rapport fait notamment apparaître que la maîtrise du français, base du socle commun de connaissances et de compétences à acquérir à l’issue de la scolarité obligatoire, ne va pas de soi pour un nombre important de nos concitoyens, alors même qu’elle favorise l’insertion dans la vie sociale et professionnelle. Les tests de la journée d’appel et de préparation à la défense révèlent ainsi que 12% des jeunes éprouvent des difficultés de lecture, ce chiffre grimpant à 30% en outre-mer.

Dans le domaine commercial, les produits et les services en langue française renforcent la confiance des consommateurs : chaque année, plus de 10 000 contrôles d’agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes y contribuent. Ils ont permis de constater une légère hausse des infractions à la loi du 4 août 1994, mais les manquements sont en général de faible gravité.

Dans la plupart des emplois, travailler en langue française (plutôt que dans une langue étrangère peu ou non maîtrisée) permet d’éviter des situations de stress, parfois génératrices de souffrance au travail : il convient de garantir l’exercice de ce droit, comme l’ont rappelé plusieurs tribunaux. Pour autant, les compétences en langue constituent un gisement de compétitivité pour les entreprises.

La communauté scientifique, quant à elle, ne se satisfait pas du monolinguisme. Si elle reconnaît à 70% l’anglais comme langue de communication dans les sciences exactes ou naturelles, cette proportion descend à 34% dans les sciences de l’homme et de la société. Par ailleurs, près d’un chercheur sur trois (29%) admet éprouver de la difficulté à produire de la pensée dans une langue qui n’est pas la sienne ; près d’un chercheur sur deux (42%) déclare éprouver des limites en anglais.

L’avenir du français dépend aussi de ceux qui le parlent à l’extérieur de nos frontières. Langue d’accès aux savoirs, le français joue un rôle important pour le développement du continent africain, où la formation des professeurs constitue un enjeu essentiel.

Dans les pays d’Europe, la diffusion de notre langue passe par l’enseignement bilingue, aux niveaux primaire, secondaire et dans l’enseignement professionnel, ainsi que par le Département de l’information et de la communication réseau scolaire français dont les 68 établissements comptent plus de 45 000 élèves.

Dans les institutions de l’Union européenne, le renforcement des positions de l’anglais et l’érosion parallèle du français se poursuivent : 11,8% des documents produits à la Commission européenne font l’objet d’une rédaction en français. Le français demeure néanmoins une langue d’usage dans ces institutions, comprise par un grand nombre de fonctionnaires et diplomates. La politique de formation conduite par l’Organisation internationale de la Francophonie y contribue : plus de 9 000 personnalités des Etats membres et des institutions ont reçu une formation leur permettant de développer leurs compétences en français.

La présidence française de l’Union européenne a été marquée par un engagement sans précédent en faveur du multilinguisme et par une attention particulière donnée à la traduction, qui crée les conditions de la circulation des œuvres et des idées. En dépit des efforts importants conduits par la France, une politique ambitieuse en faveur de la traduction, à la hauteur de ses enjeux culturels, économiques et technologiques, reste à inventer au plan européen.

Télécharger la synthèse du rapport sur le site de la DGLF.

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