Quand le monde parlera chinois, un article du "Point.fr" du 25/12/2009

lundi 28 décembre 2009
 Laure PESKINE

Afin d’accroître son influence et de rassurer le reste du monde sur ses ambitions de développement pacifique, la Chine a multiplié ces dernières années l’installation d’"instituts Confucius" sur les cinq continents. Ils sont débordés par leur propre succès !

De notre correspondante en Chine, Caroline Puel

À quelques centaines de mètres de la Porte de la Victoire ("Deshengmen") qui marquait autrefois l’entrée Nord de Pékin - à l’endroit même où s’arrêtaient jadis les caravanes des "barbares étrangers" - se dresse un élégant immeuble de cinq étages en brique grise, aux huisseries laquées de rouge. C’est là que se trouve le siège des instituts Confucius. La modernité des installations ne laisse aucun doute sur l’importance des moyens mis à disposition de cette tête de pont de la diplomatie culturelle chinoise. La présidente des instituts Confucius n’est autre que Mme Liu Yandong, une belle et énergique femme de 64 ans, proche du président chinois, entrée au Bureau politique en 2007, vice-présidente du Sénat (CCPCC - Chinese Communist Party Central Committee) et chargée des questions d’éducation parmi les cinq très influents conseillers d’État.

Sur le modèle de l’Alliance française

"Ces instituts Confucius sont une plate-forme de coopération et d’échanges avec les experts, mais aussi le grand public des pays étrangers, auquel nous voulons présenter l’histoire et la réalité de la Chine d’aujourd’hui", explique dans un style très ouvert la directrice générale, Mme Xu Lin. Très réputée dans le domaine de l’éducation, cette femme de 55 ans a été accueillie en novembre parmi les quelque deux cents conseillers du Premier ministre chinois. Opération de propagande ? L’accusation a fusé en Australie en 2007 de la bouche du professeur Jocelyn Chey, qui avait été dans les années 1990 consul général à Hongkong. "Certains pays nous critiquent, redoutent un impérialisme chinois, mais nous nous sommes inspirés du modèle de l’Alliance française qui va bien au-delà de l’enseignement de la langue et présente aussi le cinéma, la littérature et les arts français... Tout comme le British Council, nous traduisons des manuels et notre budget est deux fois moins important que celui du Goethe-Institut allemand", explique Mme Xu Lin. "Notre mission est d’encourager les jeunes à apprendre le chinois. On renforce ainsi les amitiés, les échanges et cela aidera à créer un futur meilleur pour l’humanité", déclarait en novembre Mme Liu Yandong, en accueillant un millier de boursiers étrangers. "Aujourd’hui, les Chinois souffrent de se sentir incompris. Ils ont réalisé que le fait qu’ils parlent des langues étrangères ne suffisait plus. Il faut que la communication passe dans les deux sens", explique un diplomate chinois.

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