Rapport du Haut Conseil de l’Education sur le collège - octobre 2010

mardi 5 octobre 2010
 Laure PESKINE

Le Haut Conseil de l’Education est un organe indépendant qui peut, à la demande des ministres de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, il émet des avis et peut formuler des propositions sur la pédagogie, les programmes, l’organisation, les résultats du système éducatif et la formation des enseignants.

Dans son rapport sur le collège remis au président Sarkozy le 1er octobre 2010, le rapport du Haut Conseil de l’éducation souligne que l’école française, loin de réduire les inégalités sociales, les amplifie. Il met en avant le « malaise enseignant », confirmé par le fait que 95% des professeurs de collège constatent ce malaise et que 72% s’en disent affectés.

Le rapport rappelle que les langues vivantes, elles sont utilisées pour des stratégies de contournement qui bénéficient aux familles les mieux informées : lorsque la première langue vivante ou certaines options ont été utilisées par les principaux de collège comme critère de constitution des classes, les parents bien informés ont fait faire à leurs enfants de l’allemand ou du latin pour éviter une affectation aléatoire dans telle ou telle classe.
Ainsi, dans les premières années du « collège unique », la répartition réellement indifférenciée des élèves en sixième n’a existé que dans la moitié des cas. Alors qu’elles devraient contribuer à la culture de tous, certaines options peuvent conduire à la constitution de classes où les
enfants d’origine sociale favorisée sont surreprésentés, bénéficient des meilleures conditions d’enseignement et voient ainsi leurs chances de succès scolaire renforcées : l’existence des sections européennes, des classes bi-langues, des classes musicales... révèle à quel point
l’expression « collège unique » recouvre une réalité beaucoup plus complexe où les considérations scolaires et sociales sont inextricablement liées.

Le rapport prend en exemple le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) publié en 2001 pour dire qu’ il n’y a pas de contradiction entre les exigences du socle commun et l’excellence disciplinaire.
Mais l’« École du socle commun » implique des approches pédagogiques plus diversifiées. Si tous les élèves doivent partager l’objectif d’acquisition des compétences du socle, il est également nécessaire de leur proposer une pluralité de cheminements pour l’atteindre. La constitution de groupes de compétences interclasses, tels qu’ils existent aujourd’hui au lycée en langues vivantes peut s’avérer bénéfique, à condition que ces groupes ne soient pas figés et que des passerelles permettent aux élèves d’en changer en fonction de l’évolution de leurs acquis au cours de l’année. Toutefois, dans les pays qui obtiennent les meilleurs résultats, c’est
la différenciation de l’enseignement dans la classe qui permet la réussite de tous les élèves.

Dans la presse :

Le Monde du samedi 2 octobre : « Un collégien sur cinq sait à peine lire et compter »

Les Echos du 4 octobre 2010 : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/020834139699-college-constat-d-echec-accablant-pas-de-reforme-avant-2012.htm

L’Expresso du lundi 4 octobre : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/10/04102010Accueil.aspx


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