Enseigner le français aux élèves nouvellement arrivés en France : une pétition en ligne

vendredi 13 mai 2011

L’APLV vous invite à signer cette pétition qui s’élève contre les suppressions de postes qui diminuent d’un tiers dans le département de la Haute-Garonne l’horaire réservé au français langue de scolarisation.

POUR LA SAUVEGARDE DES DISPOSITIFS D’ACCUEIL

Les Élèves Nouvellement Arrivés en France, qui ne parlent pas le français, sont reçus dans des « dispositifs d’accueil », soit en école primaire, soit en collège, soit en lycée, selon leur âge. Ces élèves arrivent en France dans des circonstances diverses, souvent pour des raisons économiques. Les Dispositifs d’Accueil permettent de leur donner un enseignement accéléré du français. Ils ont pour but aussi de les aider à s’adapter au système scolaire français et à ses usages, et de prendre en compte leur parcours et leur situation familiale et sociale pour favoriser leur intégration. Ce travail est très prenant. Les instituteurs et les professeurs qui ont en charge ces dispositifs doivent, en plus de leur travail d’enseignement du français et d’initiation aux méthodes scolaires, communiquer étroitement avec les parents des élèves (souvent avec l’aide de traducteurs) ou avec les éducateurs ou des intervenants extérieurs dans le cas des mineurs isolés ou de familles en situation très précaire. Ils collaborent en outre avec les enseignants des classes ordinaires dans lesquelles ces élèves sont intégrés d’abord partiellement, puis de plus en plus, ainsi qu’avec les assistant(e)s scolaires, les conseillers d’orientation et psychologues, les infirmier(e)s et médecins scolaires.

L’accueil de ces élèves est une obligation légale. C’est aussi une mesure d’utilité publique : Cet accueil permet d’éviter la plupart des comportements agressifs ou dépressifs qui résulteraient d’une immersion brutale d’élèves non francophones, non préparés aux contraintes et aux habitudes scolaires françaises. C’est le moyen de préparer une intégration, une orientation et un avenir scolaires ou professionnels réussis.

Notre système scolaire souffre de ses échecs, pas de ses réussites.

Pourtant, la dotation des collèges de Haute-Garonne pour 2010-2011 [1] prévoit une diminution d’un tiers des moyens horaires consacrés à ces dispositifs (de 18 à 12 heures hebdomadaires). Cela conduit à supprimer d’abord les cours d’autres disciplines que le français, au cours desquels les enseignants mettaient les élèves étrangers à niveau dans leurs disciplines, les préparant ainsi à intégrer l’année suivante des classes ordinaires dans des conditions correctes. Cet accompagnement est indispensable car les différences de systèmes scolaires et de programmes sont considérables entre la France et la plupart des pays, y compris les pays de la CEE. Quant aux professeurs chargés de l’enseignement du français proprement dit, ils compléteront leur temps de service en prenant en charge d’autres classes. Ils auront de fait nettement moins de temps à consacrer à l’accompagnement très particulier de ces élèves non francophones.

Nous pensons que les économies qu’on veut réaliser aujourd’hui causeront dans un avenir proche des dépenses bien plus importantes, d’abord dans l’Éducation Nationale, ensuite dans l’ensemble des services sociaux : Car la dégradation des conditions de vie dans les établissements scolaires (déjà bien amorcée par la réduction générale des moyens), et l’augmentation des échecs scolaires, ne peuvent qu’accroître à terme les troubles sociaux. Nous dénonçons le mouvement de restriction qui a déjà fait passer ces structures d’accueil de 30 heures par semaine à 18 heures il y a trois ans, et qui les ramène à 12 heures pour l’an prochain. Nous sommes inquiets des signes qui laissent penser que ce mouvement pourrait encore se poursuivre.

Nous demandons le rétablissement des 18 heures dans tous ces dispositifs, et la généralisation de ce minimum dans tous les dispositifs de l’académie de Toulouse.

Collectif d’enseignants de FLE/FLS pour les classes et les dispositifs d’accueil de la région Midi-Pyrénées


Signer la pétition

[1renseignement pris auprès de nos collègues qui ont lancé la pétition, il s’agit bien de la DHG pour 2011-2012