Parution : « Situations d’apprentissage et activité des élèves en langues vivantes étrangères. Analyse d’une mise en situation en espagnol ». Thèse de Maria-Alice MEDIONI

vendredi 3 juin 2011
 Laure PESKINE

Cette thèse soutenue à l’université de Paris 8 et en ligne sur le site de Paris 8.
Bien que les mises en situation soient observées en classe d’espagnol, elles sont très facilement transférables à l’apprentissage de toutes les langues.

Résumé :

L’objet de ce travail de recherche est d’explorer la notion d’activité dans l’enseignement-apprentissage des langues, à travers le cas de l’espagnol. Pour ce faire, nous avons suivi une démarche expérimentale, mise en œuvre dans quatre collèges, qui a donné lieu à la constitution d’un corpus à partir d’observations, d’enregistrements audio et vidéo, de questionnaires et d’entretiens. L’analyse de ces données a permis d’aboutir à une « analyse séquentielle », de tirer les conclusions nécessaires à une « analyse catégorielle » qui nous a permis de caractériser les différentes types de tâches et de regarder leurs effets en termes d’apprentissage, la façon dont elles sont reconnues et interprétées par les élèves, les risques d’une trop grande focalisation sur ces tâches au détriment des enjeux d’apprentissage et les malentendus qui s’y rattachent. Nous avons ainsi vérifié que les attitudes d’appropriation du savoir par les élèves requièrent des procédures mentales dont la mise en œuvre n’est pas automatique. Au-delà des exemples singuliers, nous avons pu montrer comment s’opérait la différenciation au niveau des élèves et comment cela pouvait contribuer à la mise à l’écart d’un certain nombre d’entre eux. Nous avons ainsi pu mieux comprendre comment les effets de contrat didactique contribuent à l’interprétation des tâches par les élèves et comment les modalités de travail, les arbitrages opérés par l’enseignant dans la classe et les moments réflexifs peuvent rendre plus visibles et explicites les enjeux d’apprentissage pour tous.

Présentation de la thèse par Christian Puren sur son blog :

« L’intérêt de cette thèse est, me semble-t-il, d’aborder la question centrale de la perspective actionnelle - la relation entre les activités proposées aux élèves ("tâches finales" ou "projets") et l’activité d’apprentissage -, et de le faire sous un angle d’analyse quelque peu différent de celui de la discipline "didactique des langues-cultures", l’auteure s’inscrivant prioritairement dans les Sciences de l’éducation et dans les orientations du mouvement pédagogique où elle milite depuis longtemps, le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN), en particulier son Secteur Langues.

Elle est amenée à traiter ainsi de questions qui se posent fortement dans la mise en œuvre de la perspective actionnelle en didactique des langues-cultures, mais que cette discipline a peu étudiées jusqu’ici faute d’outils spécifiques, telles que celles de la négociation et du contrat didactique, de la perception de la tâche par les élèves et des activités métacognitives, ou encore du passage de la motivation à la "mobilisation".

Pour la mise en œuvre de la perspective actionnelle dans l’enseignement scolaire, l’une des conclusions principales que tire l’auteure de sa recherche mérite assurément qu’on s’y arrête, pour sa valeur de mise en garde éthique à l’adresse des enseignants :

Cette recherche nous a permis de vérifier l’importance de la tâche mais aussi des risques d’une trop grande focalisation sur la seule exécution au détriment d’une compréhension des enjeux d’apprentissage et d’attitudes d’appropriation du savoir qui requièrent des procédures mentales dont la mise en œuvre n’est pas automatique mais plutôt socialement différenciée.  »

Télécharger la thèse sur le site de Paris 8


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