Étude sur la vitesse d’élocution de certaines langues dans la revue « Language »

mardi 13 septembre 2011
 Laure PESKINE

Le site Slate.fr fait un compte rendu d’une étude A cross-language perspective on speech information rate menée par des chercheurs [1] du Laboratoire Dynamique Du Langage de l’université de Lyon et publiée dans la revue Language (n ° 3/2011).

Citation de l’article de Slate.fr :

Lorsqu’on traduit un film de l’anglais vers l’espagnol, les tirades des acteurs ne sont pas raccourcies de moitié. C’est qu’il doit exister un égalisateur derrière les 6.800 langues existantes, qui permettrait que les informations soient transmises au même rythme, même si la vitesse d’élocution varie d’une langue à l’autre.

C’est sur ce phénomène que se sont penchés des chercheurs de l’Université de Lyon, qui expliquent :

« Nos oreilles ne nous trompent pas : les Espagnols parlent effectivement à toute vitesse et les Anglais traînent, mais ils vous raconteront la même histoire pour un même temps donné. »

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont enregistré une quantité de lectures faites par 59 personnes parlant sept langues maternelles différentes (anglais, français, allemand, italien, japonais, mandarin et espagnol). Ils ont comptabilisé pour chaque langue la quantité moyenne de syllabes par seconde, et la quantité d’informations moyenne contenue dans chaque syllabe.

Grâce à ces informations, les scientifiques ont établi que chaque langue transmet la même quantité d’informations pour un même temps de parole imparti. Plus les syllabes d’une langue contiennent de l’information, moins il y a de syllabes par seconde, et donc plus cette langue semble parlée lentement.

Résumé de l’article à paraître dans la revue Language :

This article is a crosslinguistic investigation of the hypothesis that the average information rate conveyed during speech communication results from a trade-off between average information density and speech rate. The study, based on seven languages, shows a negative correlation between density and rate, indicating the existence of several encoding strategies. However, these strategies do not necessarily lead to a constant information rate. These results are further investigated in relation to the notion of syllabic complexity.

Télécharger l’article (pdf)


[1François Pellegrino, Christophe Coupé et Egidio Marsico