« Perspective actionnelle et formation des enseignants : en finir avec le CECR », un article-compte rendu de Christian Puren

vendredi 13 janvier 2012
 Michel MOREL

Article-compte rendu écrit et publié sur son site personnel par Christian Puren, à propos de : ROBERT Jean-Pierre, ROSEN Évelyne, REINHARDT Claus, Faire classe en FLE. Une approche actionnelle et pragmatique (Paris, Hachette-FLE, 2011, 192 p.).

Comme annoncé dans le titre, l’intérêt de cet article-compte rendu va au-delà du seul enseignement du FLE, auquel est consacré l’ouvrage analysé. Cette analyse est en effet pour Christian Puren un prétexte pour faire le point sur la perspective actionnelle une décennie après la publication du CECR.

Présentation

(début de l’Introduction générale)

« Le titre du présent article (Perspective actionnelle et formation des enseignants : pour en finir avec le CECR) est directement inspiré du projet annoncé par les auteurs de Faire classe en FLE (désormais FCFLE) en quatrième de couverture :

À l’heure du CECR, faire la classe en FLE implique d’organiser et de gérer un quotidien actionnel. L’objectif du présent ouvrage est de fournir à l’enseignant, dans cette optique, des approches pragmatiques directement applicables en classe.

Mon titre est volontairement provocateur : mes lecteurs auront compris que contrairement à ce que laissent entendre les auteurs de FCFLE sur leur quatrième de couverture, je défendrai l’idée que l’heure du CECR est largement passée en didactique des langues-cultures, après toute la décennie 2000 qu’il a largement occupée. […]

J’illustrerai cette idée en particulier en montrant les limites que s’imposent à eux-mêmes les auteurs de FCFLE :

a) en ne se détachant pas suffisamment, à mon avis, du "Cadre Européen commun" alors même que pour leur projet d’ouvrage de formation pragmatique il ne peut être… "de référence" ;

Le CECR propose bien des "options" et des "pistes" méthodologiques (dans ses chapitres 2, 6 et 7), mais il se refuse à toute prise de position en la matière […]. Les didacticiens ne peuvent que s’en féliciter, qui sont, de par la nature et la fonction mêmes de leur discipline, réfractaires à toute normativité méthodologique. Les auteurs du CECR n’avaient pas encore les moyens de seulement commencer à tirer les implications méthodologiques de l’impulsion première qu’ils donnaient à la perspective actionnelle en déterminant comme ils le font la nouvelle situation sociale de référence (la société multilingue et multiculturelle) et le nouvel objectif social de référence (la formation d’un "acteur social"). Ils opèrent bien de facto un passage du paradigme de la communication au paradigme de l’action – tous les concepts clés du Cadre : compétence, contexte, activité langagière, texte, domaine, stratégie et bien sûr tâche sont ainsi définis par rapport à l’action (cf. pp. 15-16) –, mais ils ne parviennent pas à se détacher de l’approche communicative, dont ils conservent l’essentiel des orientations… et de la terminologie.

b) et en se limitant pour illustrer leurs propositions méthodologiques – et du coup aussi en amont pour repérer des formes nouvelles de mise en œuvre concrète de la perspective actionnelle – à des manuels publiés par l’éditeur de leur ouvrage [...] »

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