Projet CinéLatino : Cinéma d’Amérique latine dans les lycées et les collèges

jeudi 2 février 2012
 Laure PESKINE

Le dispositif

Le projet CinéLatino propose aux collèges et lycées une sélection de films latino-américains pour une utilisation à des fins éducatives. Ces films font partie du catalogue de l’association Le chien qui aboie qui travaille pour la promotion du cinéma d’Amérique latine en France. Les projections ont lieu dans une salle de cinéma en accord avec les exploitants concernés.

Un accompagnement multiple sera également proposé, d’un côté un appui logistique pour l’organisation des projections, de l’autre, un soutien pédagogique constitué de ressources sur les films proposés. A la demande des enseignants, des discussions ainsi que des débats peuvent être organisés en présence de réalisateurs, chercheurs et d’autres acteurs du monde du cinéma et de l’éducation.

Le cinéma d’Amérique latine

Aujourd’hui, le cinéma latino-américain est reconnu à l’international et bien plus respecté qu’auparavant, même s’il reste moins répandu que celui d’autres continents. Force est de constater la montée en puissance de cette industrie cinématographique, notamment dans les pays les plus développés de la région due, entre autres, à l’augmentation du nombre de subventions publiques, investissements du secteur privé, aux coproductions internationales ainsi qu’aux marchés et festivals de la région.

En conséquence, on remarque qu’au cours des dernières années le corpus d’œuvres cinématographiques s’est élargi. On y trouve l’originalité et la poésie propres au peuple latino-américain, la complexité culturelle et surtout une réflexion sociale profonde qui caractérise la plupart des activités créatrices en Amérique latine. Ce canevas de diversité et complexité émane de la pluralité de communautés et cultures qui traversent la géographie de cette région.

Ces caractéristiques riches et profondes font de ces films des œuvres idéales pour une utilisation dans un milieu scolaire. Un travail d’analyse autour de ce cinéma dans un cadre éducatif peut permettre le développement d’une vision très proche des réalités sociales en Amérique latine, où les problèmes en terme de territoire, de population et de société se posent différemment qu’en Europe. Ainsi, beaucoup de films peuvent être utilisés de manière complémentaire et comme outil de référence dans les programmes de l’enseignement secondaire : histoire, géographie, sciences sociales, éducation civique, espagnol, lettres, etc.

Cinéma et éducation

L’utilisation des films à des fins éducatives est une pratique répandue. Des expériences à titre individuel et institutionnel peuvent être citées (par exemple : www.cinehig.clionautes.org), ainsi que diverses ressources développées par les académies : sites web, blogs pédagogiques, livres de référence, etc. On peut remarquer que même de nos jours, dans une période marquée par le développement d’outils technologiques et de moyens de communication suivant un rythme effréné, les films nous invitent encore à découvrir leur magie immuable. Le cinéma reste un vecteur très puissant puisqu’il permet de créer une expérience collective où les spectateurs, assis et concentrés face à un univers particulier, peuvent se plonger dans une autre réalité et appréhender des problématiques spécifiques portées par l’histoire du film et ce, de manière directe et poignante.

De plus, cette expérience que nous proposons va bien au-delà de la durée du film en salle. L’exploitation pédagogique préalable et postérieure à la projection peut offrir aux professeurs une bonne marge de manœuvre diversifiée au sein de l’activité éducative. Avant la projection, les enseignants peuvent ainsi faire participer leurs classes à la préparation de l’événement : recherches sur l’histoire du pays et du cinéma local, enquêter sur l’actualité et la sortie de films, exploration en amont des questions traitées par le film choisi, etc. De même, après la projection, les professeurs peuvent facilement aborder les sujets de leurs programmes à partir des idées présentées et développées dans le film. Quel que soit l’objectif pédagogique, le cinéma peut offrir un espace d’échange et d’apprentissage précieux, accessible et attrayant pour les élèves mais aussi pour les professeurs.

L’association Le chien qui aboie - El perro que ladra.

Le chien qui aboie, est une association qui a vu le jour à Paris en 2006, dont la vocation est de promouvoir le cinéma d’Amérique latine. Dans le courant de l’année 2008, nous avons lancé un premier appel d’offre pour des films dont le succès nous à permis de commencer à réunir un ensemble d’œuvres qui nous interpellent et nous tiennent à cœur. Ces films ont étés largement diffusées dans le cadre de festivals tels que Viva Colombia 2009, Bobines Sociales 2010, Cabaret sauvage 2010, Festival du film et forum international sur les Droits des hommes 2011 ; et en salles : La Fémis, Studio l’Ermitage et le cinéma La Clef.

La richesse et la pertinence des œuvres choisies ont réaffirmé la mission de notre association : faire connaître des cinématographies peu visibles se situant en dehors de circuits de distribution classique. L’association Le chien qui aboie a été sensible à des sujets d’actualités très diverses, tels que les mouvements des communautés indigènes et noires, le déplacement forcé des paysans et le conflit politique en Colombie, les traces laissées par le Sendero Luminoso au Pérou, les élections présidentielles controversées en Paraguay et en Uruguay, la vision futuriste de Bogotá comme une mégalopole noyée sous les eaux en 2050, les aventures des jeunes des favelas au Brésil, le bicentenaire de l’indépendance vu par un paysan dans le Mexique profond, les rêves fantasques d’une jeune fille dans la campagne brésilienne, pour ne citer que ceux-là.

Le Chien qui aboie a organisé des projections-débats autour de nombreux projets de jeunes réalisateurs confirmés, originaires de la France et de l’Amérique latine : Lionel Rossini et Clément Roux (France), les membres et les invités de l’Atelier Audiovisuel Houdonk (France, Colombie, Pérou, Brésil), Ana Recalde Miranda (Italie-Paraguay), Anaí Guayamares (Pérou), Maria Isabel Sarmiento, Diego García, Gustavo Fernandez, Liliana Diaz, Emanuel Rojas et le Centre de Communication Zhigonezhi de l’Organisation Gonawindúa Tairona (Colombie).

L’association propose une présentation du film et l’animation d’un débat après la projection.

Les professeurs intéressés peuvent contacter l’association par courriel
cinelatino.lechienquiaboie@gmail.com
ou par téléphone :
- Guillermo Quintero : +33 6 86 41 55 52
- Hector Ulloque : +33 6 26 17 67 40

Téléchargez la plaquette de présentation du projet :

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Plaquette de présentation du projet CineLatino

Téléchargez deux exemples de présentation de films :

PDF - 380.4 ko
« Abuelos », de Carla Valencia Dávila
PDF - 295.5 ko
« L’homme aux serpents » d’Eric Flandin