La note du président - N°2/2012 des « Langues Modernes », par Jean-Marc Delagneau

jeudi 28 juin 2012

Tout le premier semestre aura été occupé par la campagne électorale qui a vu les différentes associations s’adresser aux futurs candidats pour leur indiquer les problèmes de leurs secteurs respectifs, en soulignant les conséquences néfastes des réformes récentes mises en place ou prévues. L’APLV n’a pas été en reste et a participé aux différentes démarches collectives des associations de spécialistes, tout en continuant de s’adresser ès qualité directement à l’institution, c’est-à-dire au ministre en place, Luc Chatel, puis dès sa nomination, au nouveau ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, sur les questions urgentes relevant de son domaine, l’enseignement des langues vivantes, en relayant les inquiétudes des collègues sur le terrain à propos des nouvelles épreuves du Baccalauréat. Si la demande d’audience auprès du ministre précédent est restée sans réponse, une nouvelle demande d’audience a été immédiatement adressée au nouveau ministre pour permettre à une délégation comprenant des collègues de plusieurs langues, d’échanger à ce sujet. La remise en cause du cadre national républicain de l’examen, le flou sur les modalités des épreuves et la nature de leur préparation, l’absence d’information précise des collègues et d’« épreuves zéro » mises à disposition par l’institution sont les exemples les plus criants de l’improvisation, comme du recul, qui caractérisent cette réforme. Les lecteurs intéressés trouveront notre analyse et les prises de position régulières de l’APLV au cours de la dernière période sur notre site [1]. Dans l’attente de l’audience ministérielle, l’APLV, en tant qu’association fédérant les enseignants de toutes les langues enseignées en France, continue de s’opposer à cette réforme avec les autres associations dédiées à des langues en particulier, adhérentes de l’APLV, comme avec les principaux syndicats de l’enseignement secondaire. Elle s’inscrit dans une démarche non passéiste, mais constructive, permettant de s’appuyer sur les avancées récentes de la didactique des langues vivantes, tout en défendant l’avenir des élèves et le cadre professionnel des collègues conformément à la tradition républicaine de notre pays.

Un autre sujet brûlant d’actualité est la circulaire de rentrée élaborée par le gouvernement précédent et dont les effets sont particulièrement dangereux à la fois pour le maintien de la diversité des langues vivantes enseignées dans le secondaire, pour la qualité du suivi pédagogique continu des élèves et pour les collègues linguistes, dont la sérénité des conditions de travail est menacée au travers de ses diverses dispositions : appui sur la réforme du Baccalauréat, expérimentation de la globalisation des horaires dans 10 % des collèges, intervention de collègues non linguistes, parfois sans qualification spécifique en langues étrangères. Ces interprétations négatives de conclusions du rapport rédigé par le comité stratégique pour les langues vivantes devraient être supprimées dans le cadre d’une nouvelle circulaire de rentrée, et ce sujet doit faire aussi l’objet de nos entretiens avec le Ministère. L’innovation pédagogique pour laquelle l’APLV a toujours milité ne doit pas servir de prétexte à une dégradation de l’enseignement des langues vivantes avec des disparités territoriales et ségrégatives selon les types d’établissements.

C’est dans cet esprit vigilant et constructif au niveau didactique que l’APLV participe de nouveau cette année au Forum des enseignants innovants avec la présence active de notre collègue Véronique Repeczky. L’objectif des dossiers thématiques publiés dans Les Langues Modernes est de contribuer à cette réflexion didactique par le croisement de la recherche universitaire et des innovations pédagogiques menées par les collègues dans les établissements d’enseignement à tous les niveaux. Cette nouvelle livraison de la revue de l’APLV répond à une problématique actuelle. La formation des enseignants du secondaire avait été abandonnée par le gouvernement précédent avec toutes les conséquences négatives pour nos jeunes collègues de langues vivantes qui ont pu témoigner de leur situation lors de notre dernière assemblée générale à Reims. Ils arrivent désormais à la fin de cette première année scolaire effectuée dans ces conditions difficiles. Depuis le changement tout récent d’équipe gouvernementale, la réintroduction de la formation des maîtres est une des priorités affichées, et l’APLV constitue de facto, par sa longue réflexion comme par son expérience sur le sujet, une force majeure de proposition dans le secteur des langues vivantes, comme en témoigne ce numéro des Langues Modernes dirigé par notre collègue Pascal Lenoir.

Fidèles aux objectifs de l’APLV depuis sa création, nos combats actuels sont en phase avec les attentes des nombreux collègues dont nous recevons quotidiennement les messages. Nous les incitons à rejoindre notre équipe, vu l’importance des enjeux et les nouvelles perspectives de dialogue avec les responsables du système éducatif.



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