Portugais : Concours de recrutement : le compte n’y est pas !

mercredi 6 février 2013

Communiqué de l’ADEPBA (Association pour le Développement des Études Portugaises, Brésiliennes, d’Afrique et d’Asie Lusophones)

Depuis la session 2008 pour le CAPES et celle de 2010 pour l’Agrégation, l’enseignement du portugais n’avait plus bénéficié de concours de recrute­ment. Encore faut-il se souvenir du très petit nombre de postes offerts et de l’alternance entre les deux concours. Le résultat de cette situation est que le nombre de professeurs s’est réduit alors même que les effectifs croissent de 5% par an. De sorte que maintes ouvertures souhaitables n’ont pas pu être réalisées et que le recours aux contractuels a parfois atteint des niveaux très élevés (20% dans certaines académies, 50% en Guyane). Parallèlement, les études lusophones dans le Supérieur ont pâti du manque de débouchés qui s’est installé. Cette situation est d’autant plus incompréhensible que d’autres langues, y compris régionales, avec des effectifs moindres, bénéficiaient d’ouvertures de postes annuelles. Les réponses officielles à nos courriers s’en tenaient à l’argument économique : on voit mal comment deux postes de temps à autre pouvaient déséquilibrer le budget national !

Le 15 juin 2012, l’ADEPBA s’adressait à Vincent Peillon, Ministre de l’Educa­tion nationale, pour lui exposer cette situation. Par ailleurs, le 26 mai, l’ADEPBA avait reçu le Député portugais Paulo Pisco et, à la suite de cette rencontre, cet élu (de la Circonscription électorale de l’Europe) avait fait part de ses préoccupations au ministre.

Si notre courrier de juin n’avait pas eu l’honneur d’une réponse, il avait circu­lé, comme nos prises de position antérieures, et notre argumentaire ne pou­vait que convaincre. L’ADEPBA se réjouit de l’accueil nouveau que rencontre sa persévérance, d’une manière ou d’une autre.

Le 25 septembre, Pascal Cherky, Député-maire du XIVe arrondissement de Paris, s’adressait au Premier ministre pour attirer son attention non seule­ment sur l’enseignement de la langue portugaise en France, mais encore à propos de l’enseignement du français au Portugal. Cette interpellation de la part d’un élu ne pouvait guère rester sans réponses. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, abordait en particulier la question de la réactualisa­tion de l’accord cadre franco-portugais de coopération éducative de 2006. Le Chef de cabinet du Ministre de l’éducation nationale annonçait la mise en place d’un concours réservé et prévoyait une session du CAPES pour 2014. À son tour, le 11 janvier 2013, Christine Pires-Beaune, Députée du Puy-de-Dôme, Présidente de Groupe d’amitié France-Portugal s’adressait au Premier-ministre et au Ministre des Affaires étrangères à propos de l’accord de coo­pération éducative.

L’ADEPBA se réjouit donc 1) que cette année soit marquée par l’ouverture d’un concours réservé, ce qui permet de stabiliser les collègues contractuels concernés en leur offrant des perspectives de titularisation, et que 2) une session exceptionnelle du CAPES externe soit organisée pour l’année 2014 (avec épreuves écrites cette année même). Pour autant, notre Association ne se satisfait pas totalement de ce constat.

Pas de triomphalisme : le compte n’y est pas !

Non, le compte n’y est pas : quid du CAPES interne, de l’Agrégation externe, de l’Agrégation interne ? Il ne s’agit pas pour l’ADEPBA de se lancer dans la surenchère, mais d’obtenir ce qui ne serait que justice. D’abord par principe : l’ensemble des disciplines de l’enseignement seraient ainsi à égalité. Et puis l’absence de concours internes implique que les enseignants de portugais n’ont pas droit à la promotion alors que dans les autres disciplines les profes­seurs qui se distinguent sont valorisés de cette manière. Ainsi, la faiblesse des postes offerts à l’Agrégation interdit en fait l’accès à ce même concours par liste d’aptitude, puisqu’il faut 7 postes proposés pour qu’une seule promo­tion soit possible par le biais de cette liste ! On introduit donc une injustice dans la Fonction publique, ce qui est inadmissible. Il faudra donc rester bien vigilants sur ce sujet et quelques autres, y compris au niveau plus local, sur lesquels l’ADEPBA ne manquera pas de s’exprimer.

Christophe Gonzalez, Président de l’ADEPBA


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