La note du président - N°2/2014 des « Langues Modernes », par Jean-Marc Delagneau

dimanche 15 juin 2014

L’audience de l’APLV au Ministère de l’Éducation Nationale portant sur les épreuves de langues vivantes du baccalauréat et les demandes de modifications portées par l’APLV, suite aux résultats de l’enquête effectuée auprès des collègues lors de la session, s’est déroulée le 20 février dernier avec Madame Caroline Pascal, Doyenne de l’Inspection Générale des Langues Vivantes, Madame Isabelle Robin chef du bureau des lycées d’enseignement général et technologique à la DGESCO et Madame Fatima Douhi, de ce même bureau. La délégation de l’APLV était composée de deux collègues enseignants de lycée, respectivement en région et à Paris, membres du Conseil d’Administration de l’APLV, Françoise Du et Jean-Luc Breton, ayant participé à l’analyse de l’enquête coordonnée par Michel Morel ainsi que de moi-même. L’ambiance de cette entrevue a été très cordiale et les arguments présentés par l’APLV ont fait l’objet d’une écoute attentive et très compétente qui a permis une discussion. Les divergences de points de vue exprimées par nos interlocutrices, si elles demeurent importantes, n’ont pas été présentées comme dogmatiques et des évolutions sont d’ailleurs envisageables après la session de 2014, le calendrier de l’examen étant trop avancé à cette date pour procéder à une quelconque modification [1].

L’APLV continuera d’œuvrer pour une prise en compte des remarques importantes formulées par les collègues ayant répondu à son enquête qui sera actualisée en fonction des commentaires qui lui parviendront suite à la session 2014. Elle le fera en poursuivant le dialogue avec le Ministère, comme il en a été convenu à l’issue de cette audience, mais également en s’adressant aux parlementaires siégeant dans les commissions relevant de l’éducation dans la foulée des consultations de l’an dernier sur la Loi de Refondation de l’École, et en participant à des actions communes avec ses partenaires traditionnels au niveau associatif et syndical.

C’est dans cette perspective que l’APLV a répondu favorablement à l’invitation du SNES à participer à son congrès national à Marseille et je m’y suis rendu les 2 et 3 avril, la présence de l’APLV a d’ailleurs été saluée par tous les collègues congressistes présents. Lors d’échanges avec le Secrétariat général du SNES, et, en particulier, Roland Hubert, Cosecrétaire général, il a été convenu d’une rencontre prochaine sur les langues vivantes avec les responsables du secteur au SNES pour déterminer les formes d’actions communes destinées à rassembler les collègues de terrain porteurs de nombreuses inquiétudes, mais aussi de réflexions pertinentes et de propositions pédagogiques concrètes.

Comme l’APLV a décidé lors de son dernier conseil d’administration de lancer une réflexion pour la mise en place d’une véritable politique nationale des langues vivantes, promouvant la diversité linguistique des langues vivantes étrangères comme régionales dans le respect de l’égalité républicaine sur l’ensemble du territoire national, nous avons ici un terrain privilégié de convergences et de complémentarité.

C’est d’ailleurs sous ce titre « Il faut une politique nationale des langues vivantes » qu’a été publiée le 17 avril sur le site du Café Pédagogique l’interview réalisée par François Jarraud dans laquelle j’ai exprimé les attentes de l’APLV par rapport à la nouvelle équipe ministérielle autour du Ministre Benoît Hamon.

Les vacances réparties sur les trois zones ont induit naturellement un relatif ralentissement des activités, mais j’ai tenu à participer au nom de l’APLV le 28 avril à la réunion du comité de pilotage de la participation française au Centre Européen des Langues Vivantes (CELV) au Ministère de l’Éducation Nationale, d’autant plus que la France doit y présenter ses propositions pour le futur programme 2015-2019 et y formuler sa vision de la politique linguistique. La réflexion lancée par l’APLV sur la nécessité d’une politique des langues vivantes en France y trouve toute sa place et motive d’autant plus sa participation active aux travaux du CELV.

Tous ces enjeux et les actions menées par l’APLV pour y apporter des réponses qui soient à la hauteur de l’engagement des collègues de langues vivantes étrangères comme régionales nécessitent d’étoffer notre équipe en conséquence et je ne peux qu’encourager les lecteurs des Langues Modernes et adhérents actuels ou potentiels de l’APLV à nous rejoindre et à présenter leur candidature pour le prochain renouvellement du Conseil d’Administration de l’APLV.

Cette nouvelle livraison des Langues Modernes avec une thématique consacrée à la culture montre aussi le souci permanent de notre association de ne pas privilégier un aspect de l’enseignement des langues vivantes en particulier. Elle n’est pas en contradiction avec les tables rondes ou réflexions organisées par l’APLV sur d’autres aspects comme, par exemple, les technologies numériques au service des langues vivantes. L’innovation pédagogique doit intégrer aussi les aspects culturels et interculturels en liaison avec les recherches menées dans ces domaines. Je vous en souhaite une très bonne lecture.