Lettre de l’ADEPBA à la Ministre de l’Éducation nationale

vendredi 30 janvier 2015

Paris, le 27 janvier 2015

M. Christophe GONZALEZ
Professeur émérite de l’Université Toulouse Jean Jaurès,
Président de l’Association pour le Développement des Études Portugaises,
Brésiliennes, d’Afrique et d’Asie lusophones (ADEPBA)

à

Madame Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation Nationale

Objet : concours de recrutement de portugais

Madame la ministre,

L’ADEPBA a enregistré avec satisfaction la décision d’ouverture de postes à divers concours de recrutement concernant l’enseignement du portugais en France, soit 6 postes au concours réservé, 3 au CAPES interne et 2 à l’Agré­gation externe. Ces 11 supports accordés ne font du reste que refléter la si­tuation préoccupante du recrutement des enseignants de portugais telle que notre association l’a maintes fois décrite à vos services.

Dans cet ensemble positif, nous remarquons toutefois que les deux premiers concours (réservé et Capes interne), bénéficient aux personnels déjà en pla­ce et que les postes proposés à l’Agrégation externe sont très souvent oc­cupés par des candidats déjà titulaires du Capes. De sorte que, sauf excep­tion concernant la dernière catégorie évoquée, ces 11 supports ne sont pas susceptibles d’augmenter le nombre d’enseignants de portugais ; or il existe une forte demande sociale qui tendrait à développer cet enseignement. Ces mêmes nouveaux supports ne peuvent non plus enrayer, dans l’immédiat, la baisse des effectifs de professeurs de portugais, lesquels, pour des raisons qui n’appartiennent pas aux personnels eux-mêmes, ont perdu 24 ensei­gnants dans les 3 dernières années. Par ailleurs, les prévisions montrent que 29 enseignants certifiés ou agrégés partiront à la retraite entre cette an­née 2014 et 2016 et on ne saurait se contenter de recourir à des contrac­tuels, déjà fort nombreux dans notre discipline, pour les remplacer.

Le portugais n’est ni une « petite » langue, compte tenu de son rayonnement mondial, ni une langue en perte de vitesse dans notre système éducatif. Ce sont les conditions ministérielles, les calculs de ratio, voire, ici ou là, des déci­sions péremptoires de chefs d’établissements, qui peuvent nuire à cet ensei­gnement.

Nous estimons que, dans l’immédiat, seule l’ouverture de 10 postes au Capes externe et de 5 postes à l’agrégation externe, peut permet­tre de soutenir la progression de cet enseignement (en 12 ans 73% d’élèves en plus). Source DEPP

Dans l’attente d’une réponse montrant une véritable prise de conscience de cette nécessité, je vous prie de croire, Madame le ministre, en l’expression de ma haute considération.

Christophe Gonzalez
Président de l ’ADEPBA