Éditorial des « Langues Modernes » n° 3/2015, par Pascal Lenoir, rédacteur en chef

jeudi 17 septembre 2015

« Enseigner, un métier qui s’apprend », chacun se souvient de ce slogan qui circulait ces dernières années, alors que la formation initiale des enseignants dans les IUFM était une nouvelle fois menacée ; c’était l’époque de la « mastérisation » de la formation initiale, et certains se demandaient alors comment formaliser à l’université, dans des maquettes de diplôme de master, ce que j’appellerai « les savoirs pour enseigner ». Des savoirs À enseigner, tous les acteurs du milieu éducatif et enseignant savent parler ; issus de la recherche, ou issus des pratiques sociales, les savoirs se mettent progressivement en texte, et après plusieurs « filtrations » et passage dans les textes officiels des programmes scolaires, ils entrent en classe via le manuel en usage ou les objets de travail apportés et mobilisés par le professeur. On parle alors de « transposition didactique ». Que dire des savoirs POUR enseigner ? On a si longtemps dit qu’enseigner était un art … un ministre de l’éducation nationale a osé affirmer il y a quelques années qu’avec de la culture et un peu de talent on faisait un très bon enseignant ! Pourtant, si enseigner est une profession, il faut pouvoir en « professer » les méthodes, les finalités, les enjeux. C’est notamment lorsque l’enseignant éprouve des difficultés pédagogiques qu’il se met à faire de la didactique, qu’il se met à interroger ses pratiques, ses matériels, ses méthodes, ou celles qu’on lui a recommandées … Et c’est à cette occasion que l’on prend conscience que la praxis enseignante peut se formaliser, se mettre en texte ; chacun s’aperçoit alors que des recherches, nombreuses, et depuis des champs très divers, ont d’ores et déjà largement investi ce secteur.
Y a-t-il des « problèmes pédagogiques » à signaler dans l’enseignement supérieur ? C’est ce qu’ont cherché à élucider Marie-Christine Deyrich et Norah Leroy. Toutes deux linguistes dans l’enseignement supérieur, elles ont décidé de prendre à bras le corps la question de la formation des enseignants de langue du supérieur, mission qui est censée échoir désormais aux toutes récentes ÉSPÉ. Et elles ont rassemblé des articles qui montrent bien que d’un contexte à l’autre, en France et hors de France, des questions très concrètes de pédagogie universitaire se posent ; le secteur LANSAD est l’objet de leur étude, mais on pourrait évidemment généraliser. Essentiellement préoccupé de contenus, l’enseignement supérieur, confronté à la mondialisation, à la mobilité des étudiants, à la massification de ses filières, et à l’exigence de professionnalisation, ne peut plus éluder la nécessité d’une réelle formation méthodologique, initiale et continue, des enseignants et des enseignants-chercheurs.
Cette livraison des Langues Modernes donne la parole à des acteurs de terrain particulièrement concernés par ces questions. Je tiens à remercier Marie-Christine Deyrich et Norah Leroy pour leur implication dans la réalisation de ce numéro, et je vous souhaite une excellente lecture.


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