« La France, un rapport compliqué avec les langues », un article à lire sur The Conversation

mardi 2 février 2016

Un article d’Astrid von Busekist, professeur des universités en science politique, Sciences Po.

La France est-elle fâchée avec les langues ? Les siennes – les langues régionales et minoritaires – et les autres ?

S’interroger sur l’opportunité d’enseigner une seconde langue semble anachronique à un moment où nous savons l’avantage comparatif de connaître plusieurs langues. Pour les admissions dans les filières sélectives post-bac, pour l’insertion sur un marché du travail de plus en plus internationalisé, mais aussi, et peut être avant tout, pour le développement cognitif des enfants.

Toutes les études le montrent : goûter précocement à d’autres univers linguistiques ne se limite pas à l’apprentissage d’une autre langue et donc à la connaissance d’autres cultures, mais sert également à mieux connaître la sienne. La traduction, la navigation entre plusieurs espaces de sens, est un apprentissage de l’agilité (verbale) qui se répercute sur toutes les autres disciplines, y compris les matières scientifiques.

Le débat sur l’enseignement des langues qui paraît si français est sans doute lié à des impératifs budgétaires et des querelles politiques ou syndicales qui agitent régulièrement l’éducation nationale.

Mais il a peut-être des racines plus profondes, liées d’une part à l’histoire proprement politique de la langue française et au protectionnisme dont elle jouit ; au lien d’autre part, patiemment construit, de la consubstantialité entre la langue française et la citoyenneté républicaine.

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