Appel à communications « Du jeu dans la langue. Traduire les jeux de mots » - propositions de communications à envoyer avant le 15 février 2016

dimanche 7 février 2016

Pour le colloque international qui aura lieu à l’Université de Lille les 23-24 mars 2017.

Selon la distinction établie par Bergson, le jeu de mots, en tant que comique créé par le langage, est réputé intraduisible, contrairement à celui qui est exprimé par le langage – une impossibilité qui résiste mal au fait que les traducteurs triomphent des jeux de mots au quotidien, car, composante universelle, l’humour peut toujours être traduit à l’aide d’équivalents. On pense immédiatement aux jeux sur et avec les mots (anagrammes, antanaclases, calembours, contrepèteries, paronomases…) ainsi qu’aux jeux sur le langage (création linguistique à visée humoristique : mots-valises, détournement parodique) sans oublier les jeux de mots involontaires créés par les accidents de langue.

S’il peut être tentant, et même utile, de dresser une telle typologie des jeux de mots, l’humour se moque bien des conventions, règles (qu’elles soient morales ou de grammaire), et sollicite la créativité du traducteur. Face à la polysémie du jeu de mots, le traducteur connaît parfois le rare bonheur de rencontrer une symétrie entre les langues mais, le plus souvent, l’un des sèmes originaux doit être abandonné, et lorsqu’il n’y a plus de lien polysémique, l’on est davantage dans la recréation que dans la traduction.

Mais traduction du jeu ne saurait rimer avec liberté inconditionnée et inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de jeu et par là-même, l’activité ludique. Loin de restreindre le jeu, les règles servent de tremplin à la création au sein des limites dessinées. La traduction des jeux de langue interroge la traduction dans son ensemble tant elle signale l’existence d’un jeu dans la langue : la langue a du jeu car elle manque de stabilité et il faut donc laisser du jeu dans la mécanique du texte traduit.

Ce colloque aimerait aussi susciter une prise en compte de la dimension culturelle de l’humour et du jeu de mots. En effet, l’humour va s’imposer de façon différente selon les situations en fonction des cultures. Dès lors, le défi est double, il faut négocier le jeu de mots dans sa technicité mais également dans un contexte global.

Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur le jeu de mots dans toutes les langues, depuis ou vers le français et l’anglais, dans les domaines littéraire ou pragmatique : discours politique, publicitaire, audio-visuel tenant compte des supports choisis, des publics visés et des contraintes éditoriales. Les langues du colloque seront l’anglais et le français. Les frais d’inscription, comprenant pauses et repas, sont de 100 euros (50 euros pour les doctorants). Votre proposition de communication de 300 mots maximum, accompagnée d’une courte biographie, est à envoyer à traduirejdm@univ-lille3.fr jusqu’au 15 février 2016.

Plus de renseignements sur le site du colloque.