Appel : « L’hétérogénéité dans la classe de langue. Comment et pourquoi différencier ? »

mercredi 28 septembre 2016

D’une manière générale, l’École ne considère pas l’hétérogénéité comme un atout. Ne tend-elle pas davantage à l’envisager comme un handicap ? Or, « talking about ‘individualized learning’ is almost redundant … by their very nature, all classes are ‘multilevel’ » (Szende, 2016 : 165). La prise en compte de la diversité des publics n’entrave pas ses objectifs d’universalité.

1. Les nouvelles réalités mondiales rendent les questions autour de l’hétérogénéité incontournables. Le développement de l’immigration, des échanges culturels ou linguistiques, les conflits, la professionnalisation des études supérieures, par exemple, modifient le profil des classes qui sont dorénavant constituées de publics aux niveaux de langues divers, aux parcours langagiers variés, aux langues d’héritage multiples.

2. Penser que la 1ère année d’enseignement d’une langue est la plus simple car le groupe serait constitué d’apprenants d’un même niveau est une illusion. En effet, malgré les tentatives d’homogénéisation du niveau des apprenants à l’instar de la création d’« années d’initiation » pour certaines langues enseignées à l’Inalco, une classe homogène reste un mirage.

3. L’hétérogénéité concerne l’ensemble des acteurs de la classe de langue, tant l’enseignant que l’apprenant. Tout en enrichissant l’apprentissage de langues, cette diversité linguistique et culturelle lance à ses acteurs des défis importants : pour l’enseignant, la valorisation des profils plurilingues et, pour l’apprenant, la reconnaissance de sa particularité telle qu’elle résulte de son origine ou de son parcours.

4. Cette variété des profils apparaît comme une piste riche à exploiter. C’est ce qui ressort d’études (Blaz, Eckhart) montrant que les élèves progressent davantage dans une classe mélangée que dans des groupes de niveaux. Néanmoins, gérer cette richesse est redouté. Les profils plurilingues exigent une approche personnalisée qui rime souvent avec une préparation importante en amont et une organisation spécifique de la classe. Quant à l’apprenant, il lui est indispensable que le groupe et l’enseignant reconnaissent et considèrent ses acquis comme une chance.

5. La question de l’hétérogénéité se pose dans tous les contextes d’apprentissage. Dès le 2ème cours, des niveaux se dessinent au sein du groupe même lorsque celui-ci n’est constitué que de débutants parfaits. Dans une classe ordinaire, l’hétérogénéité est rendue particulièrement complexe du fait de la présence conjointe de locuteurs natifs ou d’apprenants de langues d’héritage.

Cet ensemble de questions motive l’organisation d’une journée consacrée à l’hétérogénéité en classe de langues. Il s’agit de mettre en évidence le lien fondamental existant entre la société et la classe, celle-ci étant un reflet de la société dans laquelle elle est ancrée et au rythme de laquelle elle évolue.

Les communications pourront tout aussi bien envisager l’hétérogénéité du point de vue de l’enseignant :
- Quelles solutions didactiques ?
- Gérer l’hétérogénéité au grand jour ou la dissimuler ?
- Des évaluations individualisées ou identiques ?
- Les mêmes activités pour tout le monde ou pas ?
- Que faire dans une classe où se trouvent des locuteurs natifs alors que l’institution est prévue pour l’apprentissage de « langues étrangères » ?
- Quels sont les profils de mes apprenants ?

que du point de vue de l’apprenant :
- Posséder une langue maternelle différente de celle partagée par le groupe (public particulier) représente-t-elle une difficulté supplémentaire ?
- Est-il plus valorisant d’être dans le groupe de niveau le plus nombreux ?
- Comment faire de sa différence un atout pour l’ensemble du groupe ?
- Comment intervenir dans la gestion de l’hétérogénéité ?
- De quelle marge de manœuvre dispose un apprenant singulier ?
- Comment être différent sans être isolé ?

Les communications pourront présenter des retours d’expérience ou des témoignages de pratiques.

Bibliographie
BERNHARDT, James E. (2007-2008), A Differentiated Approach to Community College Language Instruction, in NECTFL Review 61, Fall/Winter 2007/2008, pp.129-140
BLAZ, Deborah (2016), Differentiated Instruction : A Guide for World Language Teachers, 2d edition, Routledge, 202 p.
CASTELLOTI, Véronique (2008), « Introduction – Vers la construction d’une école et d’une société plurielles : des notions en débat, des orientations à construire, Glottopol, n° 11. [En ligne]
CHAMOT, Anne (2012), Differentiated instruction for language and learning strategies : classroom applications. In W. Chan, K. Chin, S. Bhatt & I. Walker (Eds.), Perspectives on individual characteristics and foreign language education. Boston/Berlin : Mouton Gruyter, pp. 115-129
ECKHART, Michael (2005), Anerkennung und Ablehnung in Schulklassen - Einstellungen und Beziehungen von Schweizer Kindern und Immigrantenkindern, Hauptverlag.
KAROUMENOS, Théo (2013), Travailler l’hétérogénéité en classe de langues et ailleurs / 36 exercices et 12 leviers, Chronique sociale, 191 p.
PUREN, Christian (2001), « Entre ‘pédagogie différenciée’ et ‘apprentissage autonome’ », en collaboration avec Paola Bertocchini, Les Langues modernes n° 4-2001, oct.-nov.
2001, pp. 38-44.
SZENDE, Thomas (2016), The Foreign Language Appropriation Conundrum. Micro Realities & Macro Dynamics, Bruxelles : P.I.E. Peter Lang.
VERDELHAN-BOURGADE, Michèle (2007), « Plurilinguisme : pluralité des problèmes, pluralité des approches », Tréma [En ligne], 28, mis en ligne le 30 septembre 2010, Consulté le 30 mai 2016. URL : http://trema.revues.org/246 ; DOI : 10.4000/trema.246
YOSHIMITSU, Kuniko (2013), Japanese-Background Students in the Post-Secondary Japanese Classroom in Australia : What Norms are Operating on their Management Behaviour ? Electronic Journal of Foreign Language Teaching, 10, pp. 137-153.

Propositions de communication
Les soumissions feront l’objet d’un résumé de 500 mots maximum. Elles seront accompagnées d’une bibliographie succincte (3 à 5 références) et de 4 à 5 mots-clés.
Elles seront à envoyer par courriel à l’adresse suivante :
louise.ouvrard@inalco.fr

Les communications pourront être présentées en français ou en anglais. Elles dureront vingt minutes chacune, suivies de cinq minutes de débat.
La publication d’une sélection de communications est envisagée.

Calendrier
Date limite de soumission des propositions : 1er novembre 2016
Notification d’acceptation de la proposition : 1er décembre 2016
Tenue de la journée d’étude le 11 mai 2017

Lieu de la journée d’études
Inalco
65 Rue des Grands Moulins
75013 PARIS

Sous la responsabilité scientifique de :
Elena AKBORISOVA (Docteur, Inalco, Plidam)
Louise OUVRARD (MCF, Inalco, Plidam)