Convention cadre « pour le développement et la structuration de l’enseignement contribuant à la transmission de l’occitan dans les Académies de Bordeaux, Limoges, Montpellier, Poitiers et Toulouse » par Patrice Roques

mardi 7 février 2017
 Jean-Marc DELAGNEAU

Convention cadre « pour le développement et la structuration de l’enseignement contribuant à la transmission de l’occitan dans les Académies de Bordeaux, Limoges, Montpellier, Poitiers et Toulouse »

Elle a été signée à Toulouse le 26/01/2017 entre la Ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, les présidents des régions Occitanie – Pyrénées – Méditerranée et Nouvelle Aquitaine, et la présidente de l’OPLO (Office public de la langue occitane).

Elle a été rendue possible par la création, en septembre 2015, de l’OPLO, groupement d’intérêt public qui a pour objectif d’assurer la sauvegarde et le développement de l’occitan (la Rectrice de Toulouse, Hélène Bernard, en est actuellement vice-présidente).

Cette convention s’applique, jusqu’au 21/12/2022, sur les 5 Académies des deux régions ci-dessus nommées, y compris au niveau départemental, voire à celui des agglomérations (par ex. Toulouse).

Progrès escomptés :

- Ce texte remplace plusieurs conventions plus ou moins effectives dans plusieurs Académies.
- Signé par le Ministère et non par des recteurs, il a une plus grande force.
- Il donne priorité à la « construction ou renforcement de cursus complets » selon des horaires « normaux », ce qui n’était pas toujours le cas auparavant.
- Son objectif est d’augmenter le nombre d’élèves ayant le niveau B1 du CECRL en fin de primaire, et celui des classes bilingues.
- Est prévue une convention avec le réseau Canopé pour la production de matériel pédagogique.
- Les horaires d’enseignement sont renforcés : par ex. en Sixième 2h hebdo. pour l’enseignement d’initiation et de sensibilisation, 2 ou 3 h en complément de l’enseignement de l’anglais en bilangue ; en Cinquième, Quatrième, Troisième 2 h pour l’enseignement de complément (et 2 h 30 pour l’enseignement en LV 2).
- Pour l’évaluation des besoins, des études régulières seront réalisées pour aider à une meilleure adéquation entre le nombre de postes ouverts et les besoins réels, pour le CAPES et le CRPE.
- Autre avancée possible : « Un repérage des compétences linguistiques est mené au travers d’enquêtes par les Académies (…) tous les deux ans » en vue de répérer les professeurs susceptibles d’enseigner en occitan moyennant une formation complémentaire.
Mais on peut relever des insuffisances :

- Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et PACA ayant refusé d’adhérer à l’OPLO, la convention ne sera pas applicable sur l’ensemble de l’aire linguistique occitane.
- Il n’y a aucun engagement chiffré : tout reste à décliner dans chacune des Académies concernées, en particulier en ce qui concerne les sites bilingues (actuellement 1 % des effectifs dans l’Académie de Montpellier, 1,9 % pour celle de Toulouse).
- Le nombre de postes d’enseignants offerts aux concours, s’il reste au niveau actuel, ne permettra pas de répondre à une hausse de la demande sociale d’enseignement entraînée par une politique d’information efficace (pour rappel : 6 postes au CAPES d’occitan-langue d’oc en 2016).
- En l’absence d’une réelle valorisation de la langue occitane dans l’espace public des régions concernées, son enseignement resterait coupé du tissu social, comme c’est trop souvent le cas actuellement.
Enfin, cette avancée (à concrétiser par l’attribution de moyens humains et financiers adéquats) ne concerne actuellement que l’occitan.

Il convient de rappeler que plusieurs langues historiques de France ne bénéficient d’aucun enseignement suivi digne de ce nom, comme le Flamand, le Francique, le Franco-Provençal, les parlers d’oïl…On attend toujours une véritable politique linguistique des langues régionales dans l’Éducation nationale. Elle pourrait prendre comme bases de départ les quelques avancées réalisées à ce jour, par ex. en Corse, ou à Toulouse avec cette Convention pour l’occitan, en évitant toute mise en concurrence des langues vivantes régionales avec les langues vivantes étrangères, et/ou d’autres matières. Entre autres pistes à explorer, le développement des filières bilingues à parité horaire limiterait ce danger.


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