En direct de la présidence - n° 64 du Polyglotte - mars 2006

lundi 13 mars 2006

par Sylvestre Vanuxem
Président de l’APLV

Vendredi 24 mars 2006, après avoir rencontré les syndicats, la DESCO et le Doyen du groupe des langues de l’Inspection Générale ont reçu les représentants de l’APLV et de l’ADEAF pour leur présenter le projet des nouvelles épreuves de langues du Baccalauréat STG (Sciences et Technologies de Gestion.)
Ces épreuves marquent un tournant dans l’évaluation en langues au baccalauréat car, pour la première fois, les 4 grandes compétences seront toutes testées.
Si l’épreuve écrite d’une durée de 2 heures notée sur 10 points évaluant la compréhension d’un document écrit et la production écrite reste traditionnelle, la véritable nouveauté réside dans la création d’une épreuve de compréhension d’un document audio.
Des expérimentations ont été menées dans plusieurs académies ainsi que dans diverses langues au cours de l’année scolaire 2005/2006 et les résultats obtenus ont permis d’aboutir au projet qui nous a été soumis. L’épreuve se déroulera au deuxième trimestre de l’année de terminale selon un calendrier fixé par les rectorats et dans les établissements des candidats. Elle sera notée sur 5 points. Le document sera diffusé trois fois avec des pauses de trois minutes entre chaque écoute, ces pauses seront aménagées sur le CD audio fourni aux établissements. Le test portera uniquement sur la compréhension en direct, l’expérimentation ayant montré qu’il est difficile pour les candidats de mémoriser des éléments d’un document audio. Les questions, auxquelles on répondra principalement en cochant des cases, suivront donc l’ordre du document et la rédaction se limitera à des mots isolés. La disposition des questions sur la fiche réponse (fournie en 2 exemplaires au candidat) pourra varier pour éviter la triche. La longueur des documents est fixée (entre 90 et 120 secondes) mais leur la nature pourra varier selon les langues, il s’agira de documents authentiques enregistrés sur des radios étrangères ou de documents spécifiques enregistré par des locuteurs natifs à partir de synopsis élaborés par des concepteurs de sujets.
L’APLV réclamait depuis longtemps ce type d’épreuve et il semble que les obstacles qui existaient soient aujourd’hui levés, notamment la fabrication des sujets. Reste la question de l’équipement des lycées. La plupart des établissements disposent d’un lecteur de CD ou peuvent s’en équiper d’ici 2007, mais les locaux appropriés et sonorisés font parfois défaut. La DESCO est pourtant déterminée et considère que si l’on se focalise sur les difficultés inhérentes, mais surmontables, à l’organisation de cette épreuve, on ne la mettra jamais en place et qu’il faut bien une première. L’APLV souscrit à cette idée.
En ce qui concerne l’épreuve d’expression orale notée sur 5 points, elle aura lieu elle aussi en cours d’année de terminale dans et avec les professeurs de l’établissement des candidats. Elle durera 10 minutes et prendra appui sur un document inconnu remis par l’examinateur. Le candidat disposera de 10 minutes pour en prendre connaissance et devra y réagir spontanément puis participer à une conversation menée par l’examinateur. Les documents (imprimés uniquement) seront de toute nature. Pour favoriser l’harmonisation, ceux ci seront choisis par les examinateurs dans une banque nationale accessible avant les épreuves. Une grille d’évaluation standard leur sera fournie, un modèle de cette grille organisée en paliers de compétences existe déjà mais ne sera communiqué que lorsque les critères d’évaluation seront formulés de façon satisfaisante pour toutes les langues.

La section STG a été choisie pour inaugurer ce nouveau bac afin de mettre en place les nouvelles épreuves pour un effectif limité et parce que la variété des langues enseignées y est sans doute plus faible qu’en section L (des sujets seront proposés pour 9 langues.) Cependant, ce choix semble intéressant car il valorise une section qui n’est pas traditionnellement associée à l’excellence en matière de langues.
Interrogée sur ses réactions face à ce projet, l’APLV s’y est naturellement montrée favorable et a demandé aux représentants de la DESCO qu’une fois rodées, ses épreuves servent de modèle pour celles de toutes les autres sections. Si c’est ce qui est d’ores et déjà envisagé, cela doit être signalé au enseignants de langues des lycées car le regroupement en classe de langue d’élèves de toutes sections risque de poser problème et aussi afin que tous se sentent impliqués dans la mise en place en 2007 de ce nouveau bac qui envisage enfin les langues vivantes dans tous les aspects de leur pratique.