Rappel : appel à contributions pour le numéro 2/2020 des Langues Modernes : « Enseignement et apprentissage des Langues des Signes : perspectives historiques, sociales et linguistiques »

Coordination : Saskia Mugnier (Université Grenoble Alpes – Laboratoire Lidilem)
mardi 12 mars 2019

Calendrier :
Publication de l’appel : mars 2019.
Soumission des propositions d’articles (3000 signes maximum y compris les indications bibliographiques) à la coordonnatrice et à la rédactrice en chef jusqu’au 30 juin 2019.
Réponse de la coordonnatrice et de rédactrice en chef : 15 juillet 2019
Retour des articles à la coordonnatrice et à la rédactrice en chef : 7 décembre 2019.
Examen par le comité de lecture : janvier 2020.
Retour des articles finalisés : 15 mars 2020.
Publication du numéro : juin 2020.

Contacts :
Saskia Mugnier : saskia.mugnier@univ-grenoble-alpes.fr
Copie à la rédactrice en chef des Langues Modernes : Émilie Perrichon : redaction.languesmodernes@gmail.com

Ce numéro de Langues Modernes s’intéressera à la question de l’enseignement/apprentissage des langues des signes en en explorant plus précisément les dimensions historiques, sociales et linguistiques.
Longtemps restée dans l’ombre, la langue des signes (re)trouve en France peu à peu une place dans le contexte français à partir des années 70, grâce à ce que l’on a pu nommer « réveil sourd » (Minguy, 2009). Ce réveil s’incarne dans les prises de position en faveur de la Langue des Signes française (LSF) et dans l’engagement politique et associatif de nombreux sourds pour la reconnaissance de leur personne et de leur langue. On citera ici pour mémoire les facteurs qui nous apparaissent comme les plus emblématiques de cette période : le développement des recherches sur les langues des signes (initiées, pour la période moderne, en 1960, par le linguiste américain Stokoe, puis par Klima et Bellugi (1979) et en France par Cuxac, 1993), les revendications pour la reconnaissance sociale de la communauté sourde et de la LSF Mottez, Markowisz, 1980 ; Cuxac 1983 ; les interrogations de parents et de professionnels sur les comportements linguistique, affectif, culturel, social et cognitif des enfants sourds (en France Mottez, 1976, 1979, 2006, Bouvet, 1989).
En France, à la suite de ces travaux pionniers bien des chercheur·e·s·se sont emparé de ces problématiques, tant du point de vue linguistique Millet (1997, 1998), Risler (1998) que du point de vue psycho-sociolinguistique avec entre Sabria (1993), Virole (1996).
Suite, à ces développements de la recherche sur près de trente ans – une recherche souvent impliquée –, la loi du 11 février 2005 a permis de renforcer la place et la légitimité de la LSF dans le contexte social général en lui reconnaissant le statut de langue à part entière :

Art. L. 312-9-1. - La langue des signes française est reconnue comme une langue à part entière. Tout élève concerné doit pouvoir recevoir un enseignement de la langue des signes française. Le Conseil supérieur de l’éducation veille à favoriser son enseignement. Il est tenu régulièrement informé des conditions de son évaluation. Elle peut être choisie comme épreuve optionnelle aux examens et concours, y compris ceux de la formation professionnelle. Sa diffusion dans l’administration est facilitée.

Cette accession au statut de langue, a entrainé dans ses rouages des cadres formels pour l’enseignement de la LSF : elle est ainsi langue optionnelle au bac depuis 2008 ; un CAPES de LSF a été créé en 2009 ; elle peut faire partie du projet éducatif des jeunes enfants sourds (Haute Autorité de la Santé, 2009) mais aussi être intégrée au sein du parcours scolaire (Pôles d’Accompagnement à la Scolarisation des jeunes Sourds devenu Parcours de Formation du Jeune Sourd en 2017) ; des test DCL ont été créés décembre 2010 ; le Cadre Européen Commission de Référence pour les Langues a été adapté à la LSF en 2010, et son volume complémentaire datant de 2018 lui consacre une place importante.

Avec cette reconnaissance, l’enseignement/apprentissage de la langue des signes poursuit le chemin de tout enseignement : variété des publics, variétés des contextes, variétés des méthodes/outils/supports, variétés des ancrages théoriques, en tant que langue enseignée, et, certes plus rarement mais il est important de le souligner, en tant que langue d’enseignement.
L’objectif de ce numéro est de faire un point sur l’enseignement/apprentissage de cette langue, et dans cette langue, qu’il s’agisse du contexte français ou d’autres pays : quelles spécificités sont liées à la didactique des/en langues des signes ? quels moteurs ? quels obstacles ? comment concilier ses spécificités ? mais aussi quels points communs avec d’autres langues enseignées ?

Les contributions attendues aborderont ces questions en essayant d’explorer tous les aspects pratiques et/ou théoriques, toutes les initiatives susceptibles de nourrir la réflexion autour de l’enseignement/apprentissage des langues des signes. Les articles pourront être des récits d’expérience, des résultats de travaux de recherche d’ordre qualitatif ou quantitatif des essais théoriques plus proches de la linguistique ou de la sociolinguistique.
Nous proposons quelques axes susceptibles d’orienter les propositions de contributions :

1) Perspectives sociolinguistiques :
Cet axe explorera plus particulièrement les dimensions symboliques, historiques et sociologiques liées à la reconnaissance de la langue des signes et à son enseignement, qu’il s’agisse du public entendants ou sourds, enfant ou adulte.
Les contributions pourront s’appuyer sur les discours relevant de différentes sphères sociolinguistiques, discours Institutionnel, discours d’enseignants formateurs, discours de chercheurs, discours d’apprenants.

2) Perspectives didactiques :
Cet axe interrogera les perspectives didactiques de l’enseignement/apprentissage des langues des signes. Sa lente sortie de l’ombre a différé le développement d’outil pour son enseignement/ apprentissage, invitant des créations et des bricolages enrichissants auprès des équipes pédagogiques ; parallèlement, les spécificités linguistiques de cette langue qui repose sur une modalité visuo-corporelle implique des réflexions et réponses didactiques singulières.
Les contributions permettront de partager les réflexions d’ordre conceptuel et méthodologique portant sur des études de cas, l’analyse de manuels et de matériel didactique, de pratiques enseignantes (déclarées et/ou constatées) mais aussi des récits et des analyses d’expériences pédagogiques en soulignant pour ces dernières les objectifs, le déroulement du dispositif, les adaptations et ajustements nécessaires, les résultats et les perspectives.

3) Perspectives linguistiques
Ce troisième axe sera dédié aux contributions portant sur des développements conceptuels et linguistiques des langues des signes.
La langue des signes est un objet d’étude linguistique récent ; en France il date du début des années 80 (Moody, 1983 ; Cuxac 1983, Millet, 1997). Nous possédons maintenant des connaissances sur différents aspects de cette langue (Millet, 2019) même s’il reste de nombreux point à explorer. Comprendre ces mécanismes est essentiel afin de pouvoir les enseigner et permettra de montrer comment s’enseigne la grammaire de la LSF, avec quelles progressions curriculaires, quel métalangage, que ce soit au niveau « phonologique », (morpho)-syntaxique, lexical ou sémantique.

L’ensemble de ces axes porteront ainsi des regards croisés susceptibles d’éclairer de façon variée l’enseignement/apprentissage de la LSF et, en partageant points de vue et expériences, d’offrir aux lecteurs un ensemble de ressources théoriques et pratiques permettant de poursuivre leurs réflexions et leurs actions sur le terrain.

PDF - 137.9 ko
Télécharger l’appel avec la bibliographie

Consignes aux auteurs.


Navigation

Mots-clés de l’article

Articles de la rubrique

51/132
132/132
38/132
16/132
7/132
68/132
9/132
10/132
15/132
13/132
24/132
38/132
7/132
23/132
10/132
7/132
7/132
7/132
22/132
40/132
14/132
14/132
26/132
27/132
7/132
8/132
17/132
7/132
7/132
8/132
7/132
33/132
23/132
32/132
23/132
14/132
13/132
13/132
17/132
17/132
27/132
11/132
15/132
10/132
16/132
54/132
8/132
20/132
7/132
11/132
19/132
7/132
10/132