Synthèse de l’enquête de l’APLV sur les Voyages Scolaires Éducatifs à l’Étranger dans les établissements du primaire et du secondaire

samedi 16 mai 2009
 Laure PESKINE

Cette synthèse est accompagnée d’un forum sur lequel l’APLV invite tous les lecteurs de son site, adhérents ou non, à réagir et interagir. Ce forum est « modéré » (pour apparaître sur le site, vos interventions devront être validées). En fin de message nous vous demandons d’indiquer, outre votre nom, au minimum le nom et la ville de votre établissement. Vos témoignages et réflexions nous aideront dans les démarches que nous ne manquerons pas de faire prochainement auprès du Ministère sur la question des VSEE, et nous vous en remercions par avance. Nous avons d’ores et déjà communiqué cette synthèse aux syndicats et associations de parents d’élèves, et nous vous informerons sur ce forum de leurs réactions.

Alertée par les remarques de nombreux professeurs de langues vivantes qui se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent pour organiser des Voyages Scolaires Éducatifs à l’Étranger (VSEE), l’APLV a organisé en janvier dernier une enquête sous la forme d’un questionnaire toujours consultable sur son site.

Présentation de l’analyse des 272 réponses reçues, et conclusions de l’association sous forme d’un certain nombre de demandes concrètes qui vont être adressées au MEN.

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Synthèse enquête APLV VSEE mai 2009
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Synthèse enquête APLV VSEE mai 2009

Conclusions de l’APLV

Au vu des résultats de cette enquête l’APLV demande au Ministère de l’Éducation nationale de mettre en œuvre une véritable politique d’encouragement à l’organisation des voyages scolaires à l’étranger et à cet effet :
- d’incorporer cette dimension dans la formation initiale des enseignants ;
- de fixer des règles nationales claires en ce qui concerne les subventions ;
- de prendre à sa charge les dépenses liées au voyage et à l’hébergement des accompagnateurs ;
- de prendre en compte dans leur service ce travail spécifique des professeurs de langues vivantes.

Au moment où les dits « stages linguistiques » sont organisés en France pendant les vacances scolaires dans les établissements, il est indispensable que le Ministère prenne conscience de la nécessité d’aider les professeurs à organiser dans de bonnes conditions les séjours linguistiques de leurs élèves.

FORUM


Commentaires  forum ferme

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Synthèse de l’enquête de l’APLV sur les Voyages Scolaires Éducatifs à l’Étranger dans les établissements du primaire et du secondaire
mercredi 30 septembre 2009 à 16h18 -  Philippe Le Bail

Je ne suis ni linguiste ni littéraire. J’étais ingénieur dans l’industrie puis, après un licenciement économique, prof de maths dans un Centre de Formation pour Apprentis. J’ai trouvé par mon réseau de relations, des partenaires à l’étranger pour ce CFA. Il a toujours un partenaire allemand pour lequel je m’occupe de l’échange d’un bout à l’autre et décharge complètement le CFA de toute organisation. J’ai trainé à l’étranger des jeunes qui n’avaient pas envie d’y aller, à chaque fois deux ou trois semaines, et tous m’ont dit en rentrant : "merci monsieur, c’était super". Il faut sortir des frontières et regarder au-delà du bout de ses chaussures pour découvrir nos partenaires européens. La maîtrise d’une langue n’est acquise essentiellement que si l’on peut séjourner à l’étranger et y séjourner seul. Les voyages sont là pour donner la motivation. On ne peut apprendre à parler en France, à l’école, le temps de parole potentiel pour chacun dans un groupe de 12 ou 20 est trop court. Il ne faut pas rêver.
J’ai appris à parler anglais en travaillant avec un Britannique. J’ai appris l’allemand, adulte en quasi autodidacte et en poussant les portes pour travailler avec des Allemands à chaque moindre opportunité.
Le système éducatif français reste très pesant. Impossible dans le public ou dans le privé de trouver un partenaire pour une école étrangère. J’ai toujours échoué à cause du sacro-saint "PROGRAMME". Les écoles étrangères du moins celles que je connais en Allemagne sont plus ouvertes à la culture de l’autre que nous-mêmes. Je disais et dis encore aux apprentis que je rencontre. Votre langue maternelle ne vous protège plus sur le marché du travail français. Les Européens de l’Est sont, professionnellement aussi compétents que nous, qq fois polyglottes et sont très motivés. J’ai rencontré une Polonaise de 18ans, juste bachelière, qui m’avait remis une feuille de format A4 pour corriger son texte écrit en français. Il n’y avait que deux fautes, moins que bon nombre de Français. Il faudrait peut-être que le Ministère en ait conscience de notre regard trop souvent franco-français et suggère de décharger les profs de toutes ces tâches d’organisation. Il y a des parents, des bénévoles, des retraités qui ne doivent pas couter bien cher et qui seraient prêt à le faire mais leur tare est de pas avoir l’accréditation du système, les assurances, les risques, les droits ....

Synthèse de l’enquête de l’APLV sur les Voyages Scolaires Éducatifs à l’Étranger dans les établissements du primaire et du secondaire
dimanche 10 mai 2009 à 19h32

Bonjour et merci pour cette synthèse.
Les difficultés que je rencontre personnellement sont les suivantes :
- Beaucoup de temps passé dans l’indécision pour savoir si on pouvait se lancer ou pas en raison du nombre d’élèves ne pouvant venir pour raisons financières.(établissement mixte, bcp de classes moyennes)
- 80% du temps est passé à organiser des actions avec les parents (heureusement qu’ils sont là !) pour récolter de l’argent. (tombola artisanale - je n’apprécie pas celles proposées par les organismes - vente de gâteaux sans autofinancement et concert des élèves).
- Il ne me reste finalement que le mois de mai pour travailler sur le programme en classe soit un mois seulement pour la partie pédagogique qui devrait être la plus importante...grande frustration, sentiment du devoir non accompli...Je suis professeur mais mon rôle est réduit à la portion congrue...par contre, je suis tour à tour démarcheuse, vendeuse, animatrice, assistante sociale, gestionnaire, secrétaire...
- Beaucoup de temps passé en classe à relever chèques pour le voyage, documents, argent des actions...beaucoup de temps perdu pour les cours.
- Beaucoup de temps passé à faire le programme et à le refaire une fois l’argent récolté puisque la somme maximale autorisée par le CA par famille était de 350 euros (peu réaliste quand on habite le sud de la France) et j’avais dû rogner beaucoup d’activités pour pouvoir le proposer ; j’ai donc tout repris, cherché sur internet et dans des guides pour rendre le séjour plus dense et plus intéressant.
- Décalage entre l’investissement, l’engagement du prof organisateur, bénévole et la gestion distante de l’organisme (local pour ma part) qui n’a pas l’intention, lui, de passer ses soirées ou ses weekends à revoir un programme proposé tel quel aux établissements et puis, ils ont d’autres dossiers...Disons que j’ai parfois le sentiment de faire le travail qui relève à mon sens de leur responsabilité ; je propose et leur demande si c’est faisable ou pas en fonction de la logistique...
- Décalage également avec l’administration qui a l’air de trouver tout à fait normal cet investissement et laisse faire, comptant sur les bonnes volontés.
- sentiment d’être livré à soi- même pour l’organisation alors même que notre responsabilité est impliquée. On se débrouille en cherchant l’info à droite et à gauche, sur des listes où se retrouvent les profs motivés comme sur eteach ou eteachnet...aucun conseil d’organisation officiel. En Suède l’été dernier, un professeur m’expliquait que dans son collège, une personne était chargée de l’organisation des voyages, une autre chargée de l’informatique etc...mais que ces personnes n’enseignaient pas ! ça fait envie...
Toujours pareil donc : grand plaisir à organiser, à faire partir des gamins en Angleterre mais grosse colère de constater l’indifférence de la hiérarchie vis à vis de ces projets et de constater que l’éducation nationale compte toujours toujours sur les bonnes volontés, que le bénévolat y règne en maitre. A chaque fois je me dis que ce sera la dernière...mais après j’oublie que j’ai dit ça et je repars de plus belle dès que les élèves me demandent si j’organise un voyage...! Je ne le regrette jamais !
Le côté très positif : la relation et le travail avec les parents d’élèves ! génial ! J’ai pu ainsi rencontrer des gens tout à fait intéressants et ayant une haute idée de l’école publique, un plaisir que je ne boude pas !
Bon courage aux uns et aux autres dans leur préparation de voyage !

Marielle Bianchi

mercredi 3 juin 2009 à 11h10 -  Michel MOREL

Ce service existe. C’est celui des DAREIC (délégués académiques aux relations européennes et internationales).
Vous posez donc deux problèmes :
- celui de la circulation de l’information ;
- celui de l’efficacité de ce service.
Merci pour votre intervention.M.M. 

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mardi 2 juin 2009 à 09h56 -  Michel MOREL

Votre appel sera relayé par l’APLV.
Merci pour vos compléments d’information concernant le privé.

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mardi 2 juin 2009 à 09h00 -  Marseille

Bonjour,

Je crois qu’il faut aller plus loin si c’est vraiment une priorité.

Il faut créer un service au rectorat avec du personnel de terrain qui aide à organiser des voyages mais SURTOUT DES ECHANGES.

Ce service aurait aussi pour mission les relations internationales.

S. Boukenouche, Marseille

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dimanche 31 mai 2009 à 08h34 -  collége st pierre lébisey

J’ai lu tous les témoignages concernant l’organisation des séjours linguistiques avec grand interêt. J’organise depuis près de 26 ans des séjours pour des élèves de 5, 3ème et précédemment de lycée. Je n’ai jamais compté les heures d’investissement ni les moments de découragement lorsqu’il faut refaire un programme, trouver de nouvelles familles lorsqu’il y a, dans le cas d’échanges, désistement de familles des deux côtés. Néanmoins, je crois que tous les enseignants de langues vivantes sont convaincus de l’impératif de mettre les enfants en situation réelle. Les pair-works sont certes une aide mais insuffisante pour créer chez l’élève un besoin de communiquer. J’en appelle donc au Ministre de l’éducation pour donner aux professeurs de langues une aide plus importante quant a l’organisation de ces séjours. Que cette aide soit donnée sous forme de hsa ou incluse dans l’emploi du temps. Autre point : pourquoi cette différence entre les établissements publics et privés quant à la possibilité des enseignants de se rendre en temps d’obsvervation à l’étranger ou en échange de postes ? Tous les programmes d’échange d’enseignants sont réservés aux enseignants du public (programme Jules Vernes, Fulbright foundation, échange avec les pays nordiques etc. Merci pour tous les témoignages.

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dimanche 24 mai 2009 à 10h21 -  Michel MOREL

Merci pour ces compléments apportés à notre enquête et qui justifient notre seconde demande : « fixer des règles nationales claires en ce qui concerne les subventions ».
Mais il conviendrait en effet d’ajouter que ces règles doivent être équitables et tenir compte de certaines spécificités comme celle que vous signalez. M.M. 

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samedi 23 mai 2009 à 16h20 -  Université Stendhal-Grenoble 3

Bravo et merci pour cette synthèse éclairante !
Une simple remarque pour compléter les avis donnés précédemment. Le problème du financement est crucial pour tous. Une première inégalité saute aux yeux et a déjà été évoquée, celle qui frappe les enfants de familles défavorisées. Mais une seconde existe également, bien qu’elle touche moins d’élèves, liée à l’éloignement du pays de la langue étudiée.

J’enseigne le russe à l’université de Grenoble et, en tant que présidente de l’Association française des russisants de l’académie, ai été amenée à aider une enseignante dans l’organisation de son voyage scolaire en Russie. Or, le Conseil général d’Isère a modifié sa politique de subventions. Désormais, il n’accorde plus que de petites sommes par élève (une trentaine ou une quarantaine d’euros, d’après mes souvenirs). Le but est de faire bénéficier tous les élèves d’un financement, pour un voyage à l’étranger aussi bien que pour une visite au musée d’une ville voisine. Lorsqu’on part en Russie avec un billet d’avion coûtant autour de 450 euros, qu’il faut ajouter, évidemment, les frais de déplacement et d’animations sur place, on imagine facilement le coût rédhibitoire de ce voyage pour les familles. Et pourtant, le fait que le voyage s’inscrive dans le cadre d’un échange en diminue un peu le prix.

Chaque année, les enseignants se heurtent à de nouveaux problèmes dans l’organisation de ce voyage (peu de soutien de la hiérarchie, également, peu d’élèves étant impliqués), et je crains que ces échanges ne cessent. Ce serait regrettable, car ils entretiennent la motivation d’élèves qui apprennent une langue pas toujours facile d’apprentissage et attirent de nouveaux élèves (point crucial pour une discipline où les effectifs sont faibles). Par ailleurs, il est quasiment impossible pour les élèves d’entreprendre un voyage en Russie par eux-mêmes : outre le coût, il faut prendre en compte les difficultés administratives (l’invitation officielle d’un Russe est indispensable pour obtenir un visa, délivrable uniquement à Paris, Marseille et Strasbourg et, évidemment, moyennant finances) ; quel parent laisserait son enfant mineur partir seul en Russie ? Quant aux organismes russes proposant des cours et un hébergement, leurs tarifs sont généralement prohibitifs.
Il me semble que les difficultés de cet ordre devraient être prises en compte lors de l’attribution des financements, d’autant que, dans notre cas, cela ne concerne que peu d’élèves (une vingtaine tout au plus sur toute la ville de Grenoble).
Laure Thibonnier

vendredi 22 mai 2009 à 17h22

Bonjour,

Enseignant en disponibilité, ancien coordonnateur ZEP et convaincu depuis longtemps du bienfait des voyages scolaires éducatifs à l’étranger, je travaille actuellement en Afrique du Sud où nous sommes régulièrement sollicités pour l’organisation de voyages scolaires “dans les deux sens”, de l’Afrique du Sud vers la France et vice-versa.

J’aimerais faire rapidement quelques remarques sur la synthèse très intéressante que vous avez mise en ligne :

1. Je suis toujours étonné par le dynamisme des professeurs français qui organisent des voyages scolaires à l’étranger de façon bénévole (en 20 ans de carrière, je n’ai vu aucun établissement dédommager en heures sup les professeurs en charge du projet). Je regrette que ces collègues soient parfois vus comme des enseignants qui “partent en vacances” au lieu d’assurer leurs heures de cours. A ce titre, je trouve anormal que les professeurs paient une participation financière. En Afrique du Sud, les profs se tournent tous vers un organisme pour organiser de A à Z le voyage et ce sont bien évidemment les familles qui paient la part de l’enseignant.

2. Il y a un paradoxe en France :
- la part des démarches administratives est disproportionnée. Quand, par exemple, on fait remplir les documents d’appariement DAREIC aux établissements sud-africains, ils nous demandent en plaisantant si l’on a une “stasie” en France. Un collègue responsable d’une DAREIC me disait qu’en plus, toutes ces données n’étaient pas traitées...
- il n’y a aucun document synthétique pour aider l’enseignant dans l’organisation.

3. A mon avis, ce sont les enfants moins favorisés qui profitent le plus des voyages scolaires à l’étranger. Or les démarches sont trop lourdes dans le dispositif actuel (auprès de la JS, de la CAF...) pour que ces élèves bénéficient d’une aide sociale. Si encore, les démarches administratives permettaient d’obtenir des subventions...

Bien cordialement,

Philippe Caussanel

lundi 11 mai 2009 à 09h23 -  Michel MOREL

Merci pour votre témoignage qui confirme ce que rapportent un grand nombre de collègues concernant l’absence de reconnaissance de leur travail de la part de l’Éducation nationale, ainsi que les difficultés rencontrées au sein de leur établissement et avec les organismes spécialisés.
M.M.

Synthèse de l’enquête de l’APLV sur les Voyages Scolaires Éducatifs à l’Étranger dans les établissements du primaire et du secondaire
dimanche 10 mai 2009 à 16h53

Bravo pour ce travail intéressant et merci à tous !
Louise Berlier