Réaction du Bureau de l’APLV à la « Note d’information » de la D.E.P.P. de janvier 2008

lundi 14 janvier 2008

Cette note a été signalée sur le site de l’APLV le 9 janvier 2008

1) Le Bureau de l’APLV regrette de ne pas disposer du ou des questionnaires utilisés pour recueillir les réponses qui ont donné lieu à cette synthèse. Ils permettraient peut-être d’expliquer l’importance surprenante qu’accorderaient les enseignants à la « transmission des savoirs », alors que nous devons transmettre des savoir-faire, des compétences, les savoirs proprement dits (lexicaux et grammaticaux, en particulier) étant des moyens au service de ces compétences.

2) Ils permettraient peut-être aussi d’expliquer l’absence de toute référence à la culture, cette synthèse ne parlant en effet que de pratique et de maîtrise de la langue : la culture n’y apparaît même pas comme facteur de motivation des enseignants pour leur métier (cf. « l’amour de la matière qu’ils enseignent... l’amour des professeurs de LV pour la langue qu’ils enseignent »), ce qui paraît assez peu vraisemblable, sinon comme un effet de questions trop générales. On aurait aimé avoir aussi une distinction faite entre langue et culture quand on lit que « deux tiers des professeurs de LV avouent avoir du mal à intéresser leurs élèves ». Ou encore dans leurs motivations à un long séjour à l’étranger, qui est présenté comme suit : « Retarder le passage et donc le succès à un concours par un départ à l’étranger pour améliorer la pratique d’une langue ».

3) On s’étonne du pourcentage de « près de quatre (enseignants) sur dix titulaires d’une licence » quand on sait qu’il concerne les enseignants du second degré.

4) Une autre interrogation porte sur le passage suivant, parce que les opinions semblent bien exclusives les unes des autres, et que pourtant le total des choix dépasse allègrement les 150% : « Ils [les enseignants de langue] sont d’ailleurs plus critiques que la moyenne de leurs collègues sur les programmes des concours passés : 52 % pensent qu’ils « sont tout à fait adaptés à l’enseignement et permettent une bonne maîtrise des savoirs à transmettre », six sur dix « qu’ils sont trop axés sur des connaissances universitaires de niveau élevé » (contre cinq sur dix en moyenne) et cinq sur dix pensent que « les connaissances à acquérir sont en complet décalage avec le métier d’enseignant » (contre un peu plus de quatre sur dix).

5) On peut être inquiet, à lecture de la phrase « En revanche, le développement de l’esprit critique, de l’exercice de la citoyenneté, du projet personnel de l’élève ou des élèves en difficulté ont moins de poids à leurs yeux qu’en moyenne », quant à la mise en place de la perspective actionnelle et de la pédagogie du projet chez les enseignants de langue. Mais le passage suivant semble par contre plus rassurant :
« L’espoir que la formation pourrait participer à l’atténuation de leur malaise s’exprime aussi par l’attente de formations plus forte que pour l’ensemble de leurs collègues (trois sur dix) et l’espoir exprimé aussi de faire évoluer leurs pratiques pédagogiques (un sur quatre) accompagné « d’un travail en équipe plus important avec leurs collègues de la même discipline » (un sur quatre)." »
Il y a là sans doute un effet des évolutions actuellement impulsées par l’institution dans la ligne du Cadre européen commun de référence, avec l’introduction des « groupes de compétences » en enseignement et des échelles de niveaux de compétence en évaluation.

En conclusion, le Bureau souhaite que les prochaines synthèses de ce type soient accompagnées du ou des questionnaires correspondants, comme il est d’ailleurs d’usage en l’affaire parce qu’ils sont indispensables aux lecteurs pour vérifier l’interprétation des résultats… ou se faire leurs propres interprétations.

Paris, le 12 janvier 2008, Le Bureau de l’APLV

NDLR : Le Président de l’APLV, Sylvestre Vanuxem, reviendra sur cette note de la D.E.P.P. à l’occasion de la "Note du Président" qui sera publiée dans le prochain numéro des Langues Modernes.