« Défis et richesses des classes multilingues » de Nathalie Auger et Emmanuelle Le Pichon-Vorstman

dimanche 23 mai 2021
 MOGIN-MARTIN Roselyne

DEFIS ET RICHESSES DES CLASSES MULTILINGUES. CONSTRUIRE DES PONTS ENTRE LES CULTURES
Nathalie Auger. Emmanuelle Le Pichon-Vorstman.
Col. Pédagogies, ESF sciences humaines, Paris 2021, 155 p., 23 €

Cet ouvrage propose une approche originale d’une situation de plus en plus fréquente dans les établissements scolaires, à savoir la présence, dans une même classe, d’enfants « venus d’ailleurs », et qui ont donc d’autres langues familiales que le français. Et le titre résume très bien la problématique : une telle situation comporte des « défis », de nombreux acteurs du système scolaire diraient qu’elle est source de problèmes, tandis que les auteures veulent démontrer que c’est une source de « richesses ». Le sous-titre présente l’amorce de la solution proposée : « construire des ponts entre les cultures », solution parfaitement applicable dans nos classes, pour peu qu’on s’en donne la peine.

Plusieurs questions importantes sont traitées de façon théorique, mais l’ouvrage n’en adopte pas moins une approche résolument pratique et l’annexe 1, p. 134, est à cet égard révélatrice. Elle regroupe les questions - au nombre de 78 - que peuvent se poser enseignants, parents et élèves, et renvoie aux chapitres qui permettront d’y apporter des réponses.

De même, les auteures, toujours en s’appuyant sur les ressentis des différentes catégories d’intervenants, n’hésitent pas à souligner les non-dits et les préjugés qui sous-tendent la pensée commune sur les langues. Pour elles, ils constituent autant d’obstacles pour l’apprentissage du français et des autres langues, et elles donnent des pistes pour leur déconstruction : la reconnaissance, voire le développement du multilinguisme, la prise en compte des codes sociaux différents des apprenants, qui leur empêchent de comprendre ceux qui ont cours en France, ainsi que la valorisation d’une « biographie langagière » dont l’école ne tient pas habituellement compte. Il faut ajouter à cela une réflexion pour l’intégration dans la vie de l’école de familles non-francophones, qui ont tendance à s’en tenir éloignées. Pour que les enseignants intéressés puissent mettre en application ces préconisations, de nombreuses pistes d’activités sont proposées, et des références, essentiellement par internet, permettent au lecteur intéressé d’explorer plus avant telle ou telle question.

Le parti-pris d’un aller-retour constant entre le terrain et la réflexion peut dérouter le lecteur, et il ne facilite pas la lecture suivie de l’ouvrage. Mais il en fait un excellent manuel de référence, auquel se reporter pour trouver la réponse à une interrogation précise. De ce fait, la lecture de ce livre est recommandable pour toute personne qui s’intéresse aux questions du multilinguisme et du multiculturalisme, telles qu’elles se posent dans l’école et la société d’aujourd’hui.

Roselyne Mogin-Martin


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