Réaction de l’APLV au rapport du Conseil Supérieur des Programmes

jeudi 24 mai 2018

Le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) vient de remettre son rapport sur le lycée et les épreuves du baccalauréat au Ministre de l’Education Nationale (http://www.education.gouv.fr/cid129941/note-d-analyses-et-de-propositions-sur-les-programmes-du-lycee-et-sur-les-epreuves-du-baccalaureat.html). Ce rapport fait suite à une large consultation d’inspecteurs généraux, de syndicats et d’associations de spécialistes, dont l’APLV, qui avait été reçue en audience le 13 mars.

L’introduction générale et celle de la première partie du rapport énoncent un axe fondamental de la réforme du lycée et du baccalauréat : la nécessité de faciliter la réussite d’un plus grand nombre de lycéens dans l’enseignement supérieur. Il est rappelé que le lycée « devra adapter ses contenus d’enseignement aux exigences des savoirs contemporains, des sciences du XXI° siècle et d’un monde internationalisé » (p.1) et que ce qui, dans le lycée d’aujourd’hui, rend difficile cette adaptation est « le poids de la préparation aux épreuves, le « bachotage », [qui] restreignent l’ambition et encouragent des apprentissages de courte vue » (p.2).

Lors de son audition devant la commission Mathiot (où siégeait la présidente du CSP, Madame Souad Ayada), et lors de son entretien avec le CSP, l’APLV a clairement exprimé qu’elle partage cette vision des choses. Là où elle se sépare de la réforme proposée par le Ministre (voir nos courriers sur https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article6905 et https://www.aplv-languesmodernes.org/ecrire/?exec=article&id_article=7016) et des pistes du rapport du CSP, c’est dans l’adaptation à « un monde internationalisé ». L’APLV s’élève, depuis le début du processus d’élaboration de la réforme, contre les conditions actuelles de l’enseignement des langues, que la réforme n’améliore en rien, bien au contraire. Si l’un des buts du lycée est de mieux préparer les élèves à vivre dans « un monde internationalisé », il semblerait logique que tout soit fait pour développer l’enseignement des langues vivantes en second cycle.

La partie du rapport du CSP consacrée aux langues (p.6 et 7) marque la convergence de vues entre le CSP et l’APLV sur les modalités d’évaluation au baccalauréat et sur une articulation possible entre cette évaluation et une certification dans le cadre du CECRL, qui « doit venir en sus des évaluations du baccalauréat et ne pas se substituer à elles » (p.6) et qu’il faudra construire dans le cadre de l’Education Nationale et des pratiques de classe (« Il convent également de veiller à ce que cette démarche certificative n’infléchisse pas les pratiques pour les tourner vers des entraînements continus aux exercices-types proposés dans le cadre de la certification » (p.6)). Le CSP a repris aussi les analyses de l’APLV sur l’épreuve actuelle de compréhension orale, qui n’atteint pas l’objectif qu’on lui avait fixé (p.6).

Sur les notions et thématiques du cycle terminal, le CSP reprend un point de vue qui n’est pas celui de l’APLV, en jugeant le programme thématique contraignant et restrictif et en suggérant d’« articul[er] les notions à des objets d’étude plus clairement déterminés et davantage ancrés dans les spécificités linguistiques et culturelles de chaque langue » (p.6). L’APLV n’a pas de position tranchée sur la question, mais s’inquiète de la contradiction qu’il y a entre abandonner des notions larges, laissant une plus grande liberté de choix des supports aux enseignants et de choix des parcours aux lycéens, et affirmer vouloir lutter contre le bachotage. Plus les notions seront étroites et spécifiques, plus certains professeurs seront tentés par l’exhaustivité encyclopédique et les lycéens restreints dans leurs possibilités de créer des liens entre différentes séquences du cours pour construire et proposer à l’évaluation de l’expression orale des parcours personnels et originaux.

Au-delà des cinq paragraphes qui lui sont directement consacrés, notre discipline est regrettablement absente du rapport du CSP, qui ne mentionne ni la spécialité « Langues et littératures étrangères », pourtant très floue et problématique, ni les enseignements optionnels, gage de survie de certaines langues dans le système éducatif, ni les transformations dans la série STMG (diminution de l’horaire de langue et systématisation de l’enseignement d’ETLV). L’APLV ne peut que s’étonner de ces silences et s’inquiéter de ce qu’ils cachent peut-être.


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