"La problématique de la compétence culturelle dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle perspective actionnelle", une conférence de Christian PUREN (27 janvier 2010)

vendredi 29 janvier 2010

Le document joint est une présentation sonorisée (diaporama de type PowerPoint avec commentaires oraux synchronisés avec le défilement des différentes diapositives) qui a été projetée à l’IUFM Champagne-Ardennes (Reims) au titre de ma participation à distance à une Journée d’étude intitulée "Culture/cultures et enseignement-apprentissage des langues étrangères" le 27 janvier 2010.

Cette conférence, d’une durée de 2h30, est mise en ligne simultanément sur le site de l’IUFM Champagne-Ardennes et sur le site de l’APLV.

Ce thème de la problématique actuelle de la compétence culturelle sera repris prochainement sur le site de l’APLV par un article en cours de rédaction, qui s’intitulera "Compétence culturelle et nouvelle perspective actionnelle".

Résumé envoyé pour ma participation à cette Journée d’étude

Dans un premier temps, je présenterai les différentes composantes de la compétence culturelle telles qu’elles ont été successivement privilégiées au cours de l’évolution de la didactique scolaire des langues en France depuis un siècle : le transculturel/les valeurs universelles, le métaculturel/les connaissances, l’interculturel/les représentations, le pluriculturel/les comportements et le co-culturel/les conceptions de l’action, cette dernière composante amenant à un bouclage sur les valeurs (valeurs contextuelles, liées à l’environnement de l’action, mais aussi universelles, comme on le remarque dans les thèmes des dossiers proposés dans les manuels récents).

J’analyserai ensuite en fonction de cette grille des différentes composantes de la compétence culturelle dans le CECRL (qui prend en compte la dite "compétence sociolinguistique"), et dans les dernières instructions officielles pour l’enseignement des langues en France.

La grande nouveauté du CECRL (bien plus que les outils d’évaluation qu’il propose) est que l’apprentissage de la langue y est enfin considéré comme une forme d’usage de plein droit. Au-delà des différentes "tâches finales" conçues dans le cadre des unités didactiques, la vraie "tâche globale" de référence est donc le projet d’enseignement-apprentissage qui doit être mené conjointement par l’enseignant et ses élèves.

Je pointerai trois problèmes aussi importants que concrets qui se posent actuellement à mon avis quant aux orientations officielles pour l’enseignement scolaire des langues étrangères en France, et que l’on peut exposer en termes de "décalages" (pour ne pas parler de "contradictions") à l’intérieur des instructions officielles et sans doute dans des pratiques de formation et d’évaluation des enseignants basées sur ces instructions :

a) L’évaluation est conçue en fonction de la seule composante langagière (dissociée en cinq "habilités langagières") : quid de l’évaluation de la compétence culturelle dans ses différentes composantes ?

b) La composante interculturelle mise en avant dans la dernière instruction générale (B.O. spécial n° 2 du 19 février 2009) impliquerait de mettre en avant, quant à la composante culturelle travaillée prioritairement, l’évolution des représentations des élèves. Or les instructions officielles continuent à présenter le programme de l’enseignement-apprentissage culturel en termes de "contenus", c’est-à-dire de connaissances, même s’ils font rhétoriquement référence, à la suite des auteurs du CECRL non seulement aux savoirs (qui correspondent pour la culture à la composante métaculturelle), mais aussi au savoir-être (composante interculturelle) et au savoir-faire (composantes multiculturelle et co-culturelle).

c) Enfin, préconiser une approche ou perspective "actionnelle" à mettre en œuvre dans l’espace même de la classe par les élèves eux-mêmes implique de prendre en compte la composante de la compétence culturelle indispensable pour mener à bien le projet commun d’enseignement-apprentissage, que j’appelle "co-culturelle", et qui correspond à l’ensemble des conceptions partagées de cette action commune dans la durée.

On retrouve là une constatation empirique qu’ont pu faire depuis longtemps la plupart des enseignants de langue en milieu scolaire : ce n’est pas tant la culture allemande, anglaise, espagnole, etc. à enseigner à leurs élèves qui leur pose le plus problème, que... la « culture scolaire » à leur faire respecter, avec ses valeurs, ses lois, ses règles et ses procédures.

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